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Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
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Loïc

samedi 9 mai 2015

Guerlédan (suite, épisode 5)



Pierre a repris la tête de la marche. Cette fois il marche d’un pas bien plus assuré, comme si ses déclarations l’avaient libéré, lui donnant des ailes. Louis et son fils le suivent, impressionnés, s’interrogent, se regardent souvent, sans trouver que dire. Ce trajet semble interminable. D'un sentier de forêt, ils atteignent progressivement le bord de ce qui est « normalement » un lac. Plus aucune trace de vie, si ce n'est un amoncellement de détritus de toutes sortes répandus sur le fond, jetés par des passants indélicats.

Un embarcadère, près de la passerelle du départ du ski nautique. Pierre reprend la parole, tous s’arrêtent de nouveau, se figent.

« En 1930, la mise en eau était terminée, Julien n'avait plus aucun espoir de garder son travail, d’autant que le canal allait être incessamment fermé à la circulation. Il trouva bien par intermittence des travaux en louant ses services comme journalier, errant de ferme en ferme. Cela ne dura qu'un temps, car cette situation lui était insupportable.

Mon père repéra alors l'embarcadère : Un ancien langoustier, le Sans-Gène, avait, avant la fermeture du canal, été racheté, remis en état et conduit de Croix-de-Vie, en Vendée, jusqu'à Brest. On l’avait rebaptisé le Gwen ha Du, et dirigé avec des précautions infinies jusque Guerlédan. Il remplirait dès lors les fonctions de ‘’bateau de tourisme’’, faisant à longueur de journée, en été, le tour du lac… Julien y trouva un emploi de matelot-mécanicien, qui lui convenait bien mieux. 
Je me souviens bien : Il semblait avoir débusqué un vrai travail, il s'y investissait. On le voyait même … sourire, assez souvent !"

à suivre ...

8 commentaires:

Anonyme a dit…

1930: Déjà les reconversions dans le monde du travail!
N'est - ce pas fréquemment le lot de nos jeunes aujourd'hui?
Julien semble cependant satisfait de promener les touristes autour du lac à bord du Gwen ha Du; mais...
Nous attendons la suite avec impatience!
Bonne journée.
Jeff

Loïc Tizef a dit…

Merci, Jeff, pour ce commentaire !
1930, oui, et la fameuse crise ... Aujourd'hui, cela ne s'est pas arrangé, c'est le moins que l'on puisse dire !
Et en 1930, on peut se poser la question : Est-ce que les syndicats n'étaient pas bien mieux implantés, et plus efficaces que de nos jours ? Long et périlleux débat ... !

Tmor a dit…

Petite histoire et Grande Histoire se mêlent. Celle des mutations. J'apprécie. Je viens de lire un ouvrage de théâtre d'un camarade qui traite de la "rurbanité" très intéressant. Vivement la suite. On plonge !

jill bill a dit…

Trouver l'emploi qui nourrit et donne une satisfaction motivante, de nos jours encore même combat.... merci Loïc...

les Caphys a dit…

déjà randonné autour de ce lac mais jamais vu à sec

Martine85 a dit…

J'aurais aimé que cela s'arrête là : une belle fin hélas j'ai bien peur que ce bonheur ne dure pas.... A voir.

Loïc Tizef a dit…

Nous approchons de la fin, Martine ...
LOIC

Lenaïg a dit…

Le sourire de Julien fait du bien, tout comme l'initiative de Pierre ! Il a raison d'être fier, maintenant, Julien sur son Gwen Ha Du. Du travail, point de chômage ! Profitons-en avec lui, cela durera-t-il ?