Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
Je serai ravi de lire vos commentaires : Merci !
Loïc

samedi 31 décembre 2016

VOEUX

Jacques BREL, 1er janvier 1968
Le seul fait de rêver est déjà très important. Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.

mardi 27 décembre 2016

Dans la salle des machines ...

Bonjour à toutes et tous,
On* m'a signalé que le texte de mon dernier texte était minuscule, au point de n'être lisible que très difficilement ...
Donc, un retour dans la salle des machines m'a permis de rectifier le tir !
Si vous vouliez bien m'indiquer si le résultat est à présent correct ...
Merci !
* Un grand merci à Dom et à Jeanne !

dimanche 25 décembre 2016

En retraite, le Père Noël ?

En retraite, le Père Noël ?

Les enfants se morfondaient au fond de l'église où les avaient traînés leurs parents. Une volée de carillons les sortit de leur torpeur ; Cette fichue messe de Noël n'en finissait pas de se terminer.
Ces damnées cloches, ils voulaient les briser, les éclater, depuis leur découverte, un froid matin d'hiver, dans une grange oubliée. Ils les haïssaient. Mais que pouvaient-elles bien représenter pour eux ? Elles leur volait l'instant magique de l'ouverture des cadeaux... Ils avaient ainsi damné leur enfance, la livrant à l'image du garde-à-vous, ordonné par le savoir-vivre, le doigt sur le pli du pantalon. Damnée était aussi leur enfance, dont ces cloches reflétaient leurs premiers combats, échecs cuisants et déceptions.
Déçus, dégoûtés puis révoltés par cet avenir trop sombre, ils avaient fomenté ensemble un plan machiavélique, ils s'étaient accordés pour refuser la vie horrible que leur famille leur préparait, dans ce village perdu au milieu de rien. Leur existence entière était cyniquement programmée, imperturbable. Ensemble ils feraient bloc, ensemble ils disparaîtraient.
Les « grands » (ils avaient de douze à quinze ans) s'approchaient lentement du grand fossé, le plus froid, le plus noir, le plus infernal. Cela se passerait plus vite, leur choix n'était donc pas innocent…
Alors les grands commencèrent à se dévêtir, posément, de manière cérémonieuse. C'était le rite. Se tournant les uns vers les autres, ils partageaient des regards absents, hallucinés. Ils furent bientôt allongés, nus, dans la boue gelée. Pas un ne se plaignait. Ils faisaient corps, résignés mais heureux. Ils attendaient.
Alors les grands entendirent un tintement de clochettes, un bruit étouffé de galop leur parvint du ciel : ils le reconnurent immédiatement, habitués, celle-là on ne la leur ferait plus : le Père Goriot, le bien bouffi, le bien rougeaud, recommençait pour la énième fois son manège.
Un seul enfant s'écarta des autres, le seul – car il était le plus jeune – qui « y » croyait encore : Loïc, le petit dernier. Il s'adressa à la troupe sur un ton étonnamment mature et assuré :
« - Je n'en reviens pas… Je lui avais écrit, comme tous les ans, pour lui faire mes demandes, et voilà sa réponse, très sèche, très brève:
- Mais... Chers petits enfants, vous ne me verrez plus jamais, ni dans les cheminées, ni dans les magasins, nulle part. C'en est assez. Trop vieux, trop mal. Pardon. Adieu. Je me retire. Comme on dit chez vous, je « prends une retraite bien méritée ». Du haut de mes cinq ans (et avec l'aide de ma maman), je lui ai aussitôt répondu, avant de sombrer dans un désespoir qui aurait pu m'être fatal… :
Papa Noël, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as un coup d'mou, comme dirait mon papa ? Ou bien t'es malade ? C'est vrai que toi t'as pas d'mère Noël pour te soigner… Mais dis donc, faut pas t'laisser aller, surtout dans un moment pareil ! Secoue-toi : va voir un docteur, bois beaucoup de vin chaud, beaucoup de grogs, couche-toi plus tôt le soir, prends du sirop, et des tisanes aussi, ou j'sais plus, mais faut pas t'laisser aller : T'as encore mes cadeaux à livrer, j'te rappelle, et bientôt aussi ceux de ma p'tite sœur, qui va arriver en mars prochain, alors… Au boulot !
D'ailleurs, tu t'ennuierais, en retraite… »

Goriot, interloqué, essuya bientôt une larme sur sa joue boursouflée et couperosée, se moucha très fort, ce qui fit s'esclaffer certains grands…
Comment ça, prendre ma retraite ? Mais j'y suis déjà, depuis bien trop longtemps ! Je me dégrade, je gaspille ma santé et ma vie, je grille mes dernières espérances, je gâche mes ultimes énergies !... »
Il descendit de son traîneau, saisit une bouteille de vin rouge bien entamée, approcha le goulot près de sa barbe.
« Arrête, Goriot ! Les grands l'avait reconnu dès son arrivée (C'était toujours le père Goriot, le Père Noël !). Kevin – qui était déjà presque un homme – s'adressa à lui d'une voix qu'il voulait ferme, affirmée et convaincante.
« Nous te connaissons tous, Goriot. Ne pars pas en retraite : tu sais très bien ce que tu deviendrais. Ne sois pas le clochard du village. Nous avons besoin de toi : reste, nous irons te rendre visite, souvent. Tu as des tas de choses à nous apprendre ... des techniques de menuiserie–ébénisterie, tiens ! Nous pouvons t'assurer, te promettre que tu ne t'ennuieras jamais, nom de nom !
Sans mot dire, le Père Noël offrir à Loïc un marteau et une boîte de clous.

Puis il posa la main sur l'épaule du benjamin : « Fais-en bon usage, petit », et, se raclant la gorge : … À bientôt les gars ; Noël est passé, je prépare l'atelier pour vous ! »

mercredi 21 décembre 2016

Un scoop : Le Père Noël prend sa retraite !

Un scoop : Le Père Noël prend sa retraite !


Je n’en reviens pas … Je lui avais écrit, comme tous les ans, pour lui faire mes demandes, et voilà sa réponse, très sèche, très brève :

« Mes chers petits enfants, vous ne verrez plus jamais, ni dans les cheminées, ni dans les magasins, nulle part. C’en est assez. Trop vieux, trop mal. Pardon. Adieu. Je me retire. Comme on dit chez vous, je « prends une retraite bien méritée ».

Du haut de mes 5 ans (et avec l’aide de ma maman), je lui ai aussitôt répondu, avant de sombrer dans un désespoir qui eût pu être fatal … :

« Papa Noël, qu’est-ce qui t’arrive ? Tu as un coup d’mou, comme dit mon papa ? ou bien t’es malade ? C’est vrai qu’ toi t’as pas de Mère Noël pour te soigner … Mais dis donc, faut pas t’laisser aller, surtout maintenant ! Secoue-toi : va voir un docteur, bois beaucoup de vin chaud et de grog, couche-toi plus tôt le soir, prends du sirop et des tisanes aussi, ou j’sais plus, mais faut pas t’laisser aller :

Tu as encore mes cadeaux à livrer, j’te rappelle, et bientôt aussi ceux de ma petite sœur, qui va arriver en mars prochain, alors … au boulot ! 

D’ailleurs tu t’ennuierais, en retraite …» *

  * : Un(e) (très) proche m'ayant donné son avis à propos de ce texte, m'a avoué le trouver trop ordinaire, simple (pour ne pas dire simplet) ... je ne vais donc pas me vexer, mais prendre en compte ses remarques, et tenter de vous en donner une autre version, plus tard.

LOIC

dimanche 11 décembre 2016

Humour grinçant

J'aime (vous l'avez peut-être remarqué !) l'humour qui grince, qui gémit comme la vieille carcasse du bateau en fer, qui s'ennuie. L'humour 'décalé', et/ou 'déjanté" par rapport au politiquement correct. L'humour second degré, ou sans degré, celui qui fait mal aux cons quand il s'adresse directement à eux ...

Alors revoici Oldelaf, et sa TRISTITUDE (Merci à Gaëlle) :
http://mytaratata.com/taratata/413/oldelaf-la-tristitude-2012

Je vous propose - une fois n'est pas coutume - de compléter le texte d'Oldolaf par des situations de tristitude, dans le même esprit 'mi fugue/mi raison ...
Encouragement : Je commence !
- La tristitude, c'est quand on ne regarde que l'autre, près de moi, qui est encore plus malheureux que moi.
- La tristitude, c'est quand on lance une idée géniale dont tout le monde rigole, non pas parce qu'elle est rigolote mais parce qu'elle est nulle. A vous ?

vendredi 9 décembre 2016

Raoul mon pitbull

http://www.dailymotion.com/video/x1173y_raoul-mon-pitbull_creation

RAOUL MON PITBULL - OLDELAF 

Mais où est-donc passée Grand-Mère ?
Je l'ai cherchée toute la journée
J'l'avais laissée sur l'rocking chair
Y avait Sevran à la télé
Mais je m'inquiète son siège est vide
Personne l'a vue dans la maison
A-t-elle été un peu timide
Pour nous cacher des ambitions ?
Est-elle partie vers d'autres terres
Goûter aux délices des rois ?
Chercher des jades en montgolfière ?
Mon grand fiston m'a dit : "J'crois pas..."

C'est Raoul mon pitbull
Qui l'a trouvée appétissante
C'est Raoul mon pitbull
Il est gentil mais quelle descente !
Il aime jouer, il est cool
Mais s'il a un p'tit creux dans l'ventre
Il te croque dès que tu rentres

C'est Raoul mon pitbull

Bon, je l'avoue, ça m'a fait drôle
D'imaginer un tel carnage
Mais on va pas le mettre en taule
On s'y fera, y a l'héritage !
De toutes façons, elle était vieille
Et puis elle me battait au scrabble
Elle avait une tête de sharpeï
Et ses cadeaux étaient minables
Mais il faut qu'j'aille prév'nir Gisèle
C'était sa mère à elle tout d'même
Je crois qu'elle essuie la vaisselle
"Attends Papa y'a un problème..."

Y a Raoul mon pitbull
Qui l'a trouvée appétissante
Y a Raoul mon pitbull
Il est gentil mais quelle descente !
Il aime jouer, il est cool
Mais s'il a un p'tit creux dans l'ventre
Il te croque dès que tu rentres
C'est Raoul mon pitbull

Ah oui mais là ça d'vient pénible
Si on n'est plus tranquille chez soi
On va l'emm'ner dans un chenil
Et on prendra un chihuahua
Non le plus grave dans cette affaire
C'est qu'c'est bientôt l'heure du dîner
Et je n'sais pas ce qu'on va faire
Maint'nant qu'ta mère s'est faite bouffer
Va chercher ta p'tite soeur Anne-Lise
On va aller dans un "drive in"
"Attends, papa, il faut qu'j'te dise...
- Ah non, c'est bon, je crois qu'j'devine..."

C'est Raoul ton pitbull
Qui l'a trouvée appétissante
C'est Raoul ton pitbull
Il est gentil mais quelle descente !
Il aime jouer, il est cool
Mais s'il a un p'tit creux dans l'ventre
Il te croque dès que tu rentres
C'est Raoul ton pitbull

Non, non, non, non !
C'est Hubert ton cocker
Qui voulait pas s'trouver en reste
C'est Hubert ton cocker
Avec Raoul ils se détestent
Il voulait rester fier
Et avoir sa part du gâteau
C'est normal, il a l'sang chaud
C'est Hubert ton cocker

Tiens voilà qu'ça sonne à la porte
Qui c'la peut être à cette heure-ci ?
C'est p'têt Maman ? - Non, elle est morte !
C'est la voisine Madame Petit.
Elle dit qu'elle a pendant des heures
Entendu des cris dramatiques
Qui lui ont déchiré le coeur
Et qu'elle voudrait app'ler les flics
- Mais entrez donc, dehors il gèle
Il fait meilleur dans le salon
Pendant qu'on vous sert un cocktail
Raoul sera votre compagnon...

C'est Raoul not'pitbull
Qui l'a trouvée appétissante
C'est Raoul not'pitbull
Il est gentil mais quelle descente !
Il aime jouer, il est cool
Mais s'il a un p'tit creux dans l'ventre
Il te croque dès que tu rentres
C'est Raoul not'pitbull

C'est Raoul not'pitbull
Qui l'a trouvée appétissante
C'est Raoul not'pitbull
Il est gentil mais quelle descente !
Il aime jouer, il est cool
Mais s'il a un p'tit creux dans l'ventre
Il te croque dès que tu rentres
C'est Raoul not'pitbull
C'est Raoul not'pitbull
C'est Raoul not'pitbull !
===========
"Créez votre animal extraordinaire.
Imaginez une poésie en exprimant : ce qu'il sait faire, à quoi il ressemble, en quoi il est extraordinaire."

Stanislas

Stanislas la p'tite sourasse
Elle n'aime pas si on la lasse
Elle sait faire de la bouillasse
Tout au fond de sa crevasse

Stanislas la p'tite sourasse
M'a tout l'air d'une souris
Et parfois quand je l'embrasse
Elle aime bien si je souris

Stanislas la p'tite sourasse
Adore faire la cuisine
Elle m'a servi sa bouillasse
Tout au fond de notre lit
Loïc

jeudi 8 décembre 2016

"Choisis, et écris !"

Une grande, grande feuille, 
avec des centaines (au moins !) de mots … 
Et je dois en choisir dix, « au hasard »,
puis écrire un texte de six lignes en utilisant, bien sûr, ces mots … Fastoche ? On y va !

Mes dix mots : reflet – enfance – fossé – briser – froid – cloches – damner – découverte – soleil – damné.

Ces damnées cloches, ils voulaient les briser, depuis leur découverte, un froid matin d'hiver, dans la grange oubliée. Ils les haïssaient. Mais que pouvaient-elles bien représenter pour eux ?
Ils avaient aussi damné leur enfance, reflet de leurs premiers combats, échecs cuisants et premières déceptions.
Le soleil teintait d'un glacial bleu pétrole le fossé où ils iraient bientôt se perdre...   *

*: Sur mon brouillon cela faisait bien six lignes, si, promis, juré !!!

samedi 3 décembre 2016

Une « brève de trottoir »



« Moi, je voudrais avoir moi aussi mon nom dans le journal sans avoir tué personne.
Comme lui : regardez-moi un peu ce zigoto …
-       -  Oui, il n’a que ça à faire, faut croire !
-        - Et encore, capable, encore en plus, de se faire payer, le mec ! quel culot !
-        - Mais … il faudrait au contraire le remercier, non ? Il nous fait un grand cadeau, une belle offrande.
-        - Un cadeau, cette planche aux dimensions d’un lit ? qu’il reste dans le sien, de lit, chez lui : le résultat sera le même !
-        - Un cadeau, je vous dis : Cet homme accomplit là un exploit.
-        - Un exploit ? rester à vingt mètres au dessus du sol, à nous lorgner, tu parles d’un exploit ! Il suffit de ne pas être sujet au vertige …
-        - Je parlais de la prouesse de nous faire oublier nos affaires courantes – si vitales, si indispensables -, nos obligations, nos courses effrénées vers un triste traintrain, et les automatismes qui génèrent et gèrent nos existences où le choix personnel et le libre-arbitre n’existent plus.
-        - Ah, tiens donc, vous êtes de son côté, vous ?
-        - Il ne s’agit pas d’être d’un côté ou de l’autre, mais, pour lui, de nous aider à parvenir à la communication, à la rencontre. Ce n’est pas une provocation, ni une protestation, encore moins une manifestation. Juste une interpellation. Gratuite.
-        - De « l’art », alors ? oh …et puis, nous, on s’en fout, après tout …
 - Mais regardez, regardez l’horloge : Je viens de passer une demi-heure ici, à l’arrêt. Je n’ai même pas vu que les aiguilles continuaient à tourner. Merci, monsieur. »


Paris : l'artiste Abraham Poincheval va passer sept jours perché à 20 mètres du sol

Lundi 26 septembre, Abraham Poincheval va s'installer pendant une semaine sur un mât installé sur le parvis de la Gare de Lyon. Un camp d'altitude en plein Paris pour changer de point de vue sur les hommes.




jeudi 1 décembre 2016

Porte condamnée

Cette porte est condamnée, vraiment ? Elle semble pourtant en bonne santé ; son bois est sain; pas de trous de vers, ni de mérule. Alors, pourquoi craindre une fin prématurée ?
Elle est très bien située, au sein du XVIème arrondissement de Paris. Malgré cela elle est condamnée à porter tous les tracts politiques, les prospectus publicitaires, les rendez-vous amoureux. Elle fut longtemps celle qui portait toutes les nouvelles de la vie du quartier, mais seul un discret morceau de Scotch symbolise encore ce rôle.
Elle a finalement été condamnée à rester fermée, car elle enlaidissait outrageusement, créant le scandale, le fief le plus huppé de la capitale. Condamnée pour oser incarner une verrue choquante, indécente, indécente, surtout lorsqu'un SDF s'y love...
Damnée, elle ne sera même pas recyclée en confessionnal : Sa grille fut trop souvent le témoin d'aveux intimes, de belles promesses, de disputes: Elle risquerait de transmettre des mauvaises ondes...

Bannie, elle l'est déjà. Condamnée à ne plus être une porte, elle croule sous nos déceptions, nos élans bloqués, nos fuites vers le futur ou vers nos refuges, sous l'abri de nos porches désormais déserts.
Loïc

jeudi 24 novembre 2016

Tout petit, déjà ...

Tout petit, déjà, quand je n’étais encore qu’un petit mot
j’étais persuadé d’avoir un grand avenir… » 

"...d’avoir un grand avenir." 

Mon père m’avait fourré cette détermination dans le crâne ; il était bouffi de certitudes, ne supportait pas la contradiction, et très fièrement me surnommait toujours « mon p’tit gars ». Ce mot était magique, pour lui comme pour moi.
Mais pour lui, « un gars ce n’est pas une fille » ; très rétro, il était coincé dans ce système de pensée que ma mère avait renoncé à modifier.
Machiste, misogyne, il l’était et le resterait. Ma mère répliquait parfois à ses provocations : « On ne discute pas avec un vieil imbécile, car aucune chance de le rendre intelligent ! »
Belle ambiance à la maison !
Il en collait, du « p’tit gars », à toutes les sauces. Il m’avait d’office confié une mission : Je devais transformer le p’tit gars en homme. Mais je n’ai jamais bien compris en quoi consiste ce qu’il appelait un homme… Quelqu’un de grand ? de fort ? d’intelligent ? de puissant ? Un Superman, autrement dit ?
Ces soirs-là, lorsque le visage du père était bien rougi par l’emportement et la rage, le p’tit gars se recroquevillait dans un coin de la salle ou au fond de son lit, et commençait à pleurer, en cachette bien sûr car c’était évidemment un des premiers interdits de la maison.
Je fus tout au long de ma scolarité tourmenté, torturé même, obsédé par le désir de « réussir », comme il disait. Mot magique, « réussir ». Ou plutôt maléfique, empoisonné car il me pourrissait l’existence, me traumatisait, me harcelait, non pas parce que j’échouais souvent, mais parce que je ne parvenais pas à lui dire non. A enfin lui désobéir.
Puis je fis un jour connaissance avec un projet d’entreprise de menuiserie-ébénisterie. Je m’étais découvert la passion du travail du bois, et on m’avait affirmé qu’en Scandinavie on n’en manquait pas : Je serais facilement pris à l’essai après l’obtention d’un C.A.P. Je gravirais les échelons, au nez et à la barbe de mon paternel. Je pris bientôt l’avion pour Oslo, et en solo s’il vous plaît !
Je grimpai assez rapidement au poste de « patron » de cette entreprise prospère.
Alors… « Merci, papa ? »
Une précision, pour les personnes qui me connaissent et me lisent : Ce texte n'est d'aucune façon autobiographique.
Ce n'est donc pas du tout "du vécu" !

  1. Loïc

samedi 19 novembre 2016

MER

Mer
Ligne magique
Horizon et peur
Fuite vers le large
Algues traîtresses parfum de mort
Oublierons-nous un jour 
Etais-tu plus forte
Que le désespoir
Rassure-nous
Mer

samedi 12 novembre 2016

Mots-valises

Les mots-valises 

Le nom de ce blog, "écrimages", est un "mot-valise" .
Mieux que des explications, des exemples !

-        Crabe, dindon >>> le crabindon est ce petit carillon à huit notes, 
dont on joue en en faisant le tour 
avec des petits pas chassés, de travers.

-        Chameau, hirondelle >>> une chamondelle : épouse assez revêche d’un agent de police à vélo 
des années cinquante, 
vous savez, les hirondelles ?

-        Cancrelat, colosse >>> Le cancrelapérosse : adolescent fugueur, 
qui s’échappe régulièrement de son collège 
pour semer la terreur dans les bars.

-        Escargot, escarcelle >>> escargocelle : petite boîte 
faisant office de porte-monnaie, 
pour accumuler, très, très lentement, 
une collection de petites pièces jaunes.

-        Ragondin, belette >>> La radinbégonlette est une sérénade 
destinée à charmer son ou sa chéri(e), 
sans payer de droits d’auteur.


jeudi 10 novembre 2016

11 novembre 2016

"C'est qu'au fond, il n'y a qu'une seule race: l'humanité."
Jean Jaurès
"L'affirmation de la paix est le plus grand des combats."
Jean Jaurès - 1859-1914

 
Les monuments aux morts pacifistes : 
http://moulindelangladure.typepad.fr/

  *****   Le cimetière des fous   *****

Ce cimetière enfanté par la lune
Entre deux vagues de ciel noir
Ce cimetière archipel de mémoire
Vit de vents fous et d'esprits en ruine

Trois cents tombeaux réglés de terre nue
Pour trois cents morts masqués de terre
Des croix sans nom corps du mystère
La terre éteinte et l'homme disparu

Les inconnus sont sortis de prison
Coiffés d'absence et déchaussés
N'ayant plus rien à espérer
Les inconnus sont morts dans la prison

Leur cimetière est un lieu sans raison

 
Paul Eluard, Asile de Saint-Alban, 1943
Des anciens combattants " mutilés du cerveau" mais survivants finirent leur vie, abandonnés, dans des asiles psychiatriques comme à Saint Alban en Lozère. Mais on en trouve aussi à Cadillac en Gironde, à Montpon-Ménestrol en Dordogne, à Lesvelec dans le Morbihan...Les cimetières des fous sont peu à peu abandonnés et disparaissent. 

mercredi 9 novembre 2016

J'aime, je n'aime pas (anaphore)

« J’aime, je n’aime pas »

« L'anaphore (substantif féminin) (du grec ancien ἀναφορά / anaphorá (« reprise, rapport »)), est une figure de style qui consiste à commencer des vers, des phrases ou des ensembles de phrases ou de vers par le même mot ou le même syntagme.
L'anaphore rythme la phrase, souligne un mot, une obsession, provoque un effet musical, communique plus d'énergie au discours ou renforce une affirmation, un plaidoyer, suggère une incantation, une urgence. Syntaxiquement, elle permet de créer un effet de symétrie.
Elle peut se schématiser ainsi : A_____ / A_____. »                 Wikipedia

J’aime le son du cor le soir au fond des bois mais
Je n’aime pas la chasse
J’aimais Cabu mais
Je n’aime pas son beauf’
J’aime ne pas aimer les humains nuisibles et pourtant
J’aime l’humanité sous toutes ses formes
Je n’aime pas ceux qui méprisent l’humanisme et pourtant
Je n’aime pas ne pas aimer
Je n’aime pas les bœufs-carottes mais
J’aime le bœuf aux carottes
Je n’aime pas la pomme d’api quand la pomme est véreuse et
J’aime le jet de la pomme de douche car l’eau va me calmer et il est temps car
J’aime que les choses soient claires donc
Je n’aime pas la buée sur mes verres de lunettes
J’aimerai quand l’essuie-glace à lunettes aura été inventé
J’aime écrire des trucs intelligents
Je n’aime pas que cela n’arrive pas souvent
J’aime parce que c’est fini
J’aime les oufs. J'aime les anaphores.

vendredi 4 novembre 2016

Feuille … ou lèvres …


Feuille … ou lèvres …

J'ai plongé
Au travers du soleil ;
Tu m'as appelé,
M’a guidé
Sur les fonds sablonneux
D’un bleu de piscine.
Sous le sable ta bouche a surgi,
Pureté de la rose,
Pulpeuse, souriante,
Ou bouche moqueuse,
Traîtresse,
Sensuelle,
De la sirène des profondeurs.

À l'attirance naturelle
De ta chaîne
Et de ta trame,
À l'amour de tes lèvres,
Piège artificiel d'amour-blessure,
J’ai résisté.

J'ai surmonté le songe ennemi
Mais j'ai regretté de m'être réveillé.

Loïc

dimanche 30 octobre 2016

Tue les horreurs du Monde


A la façon de Raymond Queneau …

Tue les horreurs du Monde

Rire, rire,
Puis rire, rire, rire
Pire : RIRE
Aux éclats, ô éclat, ose et clap de fin
Glousse, glousse, glousse
N’amasse pas mousse petit
Arrête petit mousse
Interdit de rire
Catastrophes drames histoires tristes
Bannis vas-y
Que le rire est gras fat et que son éclat choque
Mais agréables délicieuses
Les gorges déployées et poitrines soubresautées
Sans para-rire ou para-s’marrer
Pour protéger les foules
Qui ne vont plus sourire 
non mais
Enfants déboussolés le cap n’est pas au rire
Loïc