Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
Je serai ravi de lire vos commentaires : Merci !
Loïc

samedi 20 mai 2017

Re-connaissance

Re-connaissance.

Tu me le disais toujours, dès le moment où nous sommes entrés en vie commune : " Je serai ton amour, à vie ". Je plaisantais : " A vie ? ça y est, je suis condamné ! mais quelle condamnation, j'en redemande ! ..."
Et nous éclations de rire, et je cherchais ton visage, et mes doigts, se faisant les plus doux, s'infiltraient avec tendresse dans ta chevelure. Je te disais que tu étais si belle, tu me répondais "dingo, tu dis n'importe quoi !" et j'insistais, tentais en vain de m'expliquer, de te faire ressentir mes sensations, je bredouillais gauchement que "mes doigts avaient des yeux" ...
Elle ne s'est jamais plainte de mon handicap, "je fais avec" ... Et même, elle m'affirmait qu'elle finissait par l'oublier. Elle en parlait très peu, elle m'avait confié un jour qu'elle éviterait de faire la garde-malade, qu'au contraire elle m'apprendrait l'indépendance. Et nous étions très bien ainsi.
J'étais abonné aux "Donneurs de voix", je dévorais des livres-audios, le casque sur les oreilles. Mais cela nous séparait, créait entre nous une barrière très gênante. Et cela m'isolait du monde entier, pas seulement de sa présence.
Très souvent aussi, nous profitions, assis dans notre canapé, de la musique (douce, calme, notre préférée), main dans la main. Le jazz était aussi notre grand ami, notre complice, qui agitait nos doigts et nos pieds. Lorsque nous n'étions pas d'accord sur le rythme, nous nous serrions les mains plus fort, et nous nous enlacions.
Le "quelque chose qui ne va pas" dans notre vie devenait cependant de plus en plus présent, puis pesant, puis, certains jours, insupportable. Je l'évoquais avec elle, m'en plaignais, chose nouvelle qui la décevait et la rendait taciturne et même boudeuse Puis elle devint impatiente, agressive, allant même jusqu'à m'enjoindre de "faire des efforts" !
Un jour, elle rentra d'une de ses sorties en ville qu'elle s'octroyait pour souffler un peu, et m'informa qu'elle était tombée, devant la vitrine d'une pharmacie, sur une affiche qui présentait une nouvelle technique opératoire en ophtalmologie. Cette "nouveauté fracassante" pouvait aller jusque ... redonner la vue ou la donner aux aveugles de naissance !
Elle avait ri toute seule, faiblement, d'un rire triste. "Un rire de clown", pensa-t'elle. Pourquoi, de clown ? elle en parlerait à son psy. Encore un de ces remèdes-miracles pour fatigués du bulbe ...
Une semaine plus tard, elle n'en pouvait plus. Elle avait passé et repassé en boucle, surtout la nuit, les pages qu'elle avait dénichées sur Internet, à propos de cette révolution, elle m'en parlerait.
Sur le coup, je partis, comme elle, d'un rire fou, forcé, presque dément. "Tu te fiches de moi, tu es méchante, tu n'as plus de coeur , dis-moi plutôt que tu en as assez de supporter ma cécité, je comprendrai..."
Au fil des jours, cela se révéla de plus en plus crédible, grâce à des contacts, que j'avais acceptés, avec un des grands pontes de l'ophtalmo en France. A force d'explications, de "leçons d'oeil" (baptisées ainsi par moi-même ), de discussions longues, difficiles, enflammées même, ce chirurgien parvint à me convaincre. Et puis, je n'avais rien à perdre. Mais un secret espoir était né ...
Ce fut long : une série d'examens, des visites épuisantes, une préparation et des contacts avec un psychologue, et ... Vogue la galère !
Ce n'en fut pas une. Après une opération sans problème, et un court séjour d'hospitalisation pendant laquelle je fus placé - pour quelle raison ?- en chambre stérile, on m'annonça ... qu'Elle allait pouvoir entrer me voir !
Elle franchit la porte, m'aperçut de loin, et s'effondra, en larmes, me couvrant de baisers. J'hésitais encore à ouvrir les paupières.
Puis je la découvris. Mon coeur battait la chamade. Un ange. Pas d'autre mot. Un être irréel. la Beauté, telle que je n'avais jamais pu imaginer, Elle était très différente de celle que j'imaginais, et beaucoup plus belle ! ... Le silence dans lequel nous restâmes ce jour-là, enlacés, nous jetant un coup d'oeil de temps à autre, était béni, une de ces visions qui touchent au surnaturel.
Notre retour à la maison fut une fête débridée, nous étions fous, littéralement. Embrassant tout le monde, sans arrêt, nous riions, nous nous esclaffions comme des enfants, je buvais à grands seaux le "plaisir ordinaire" (paraît-il) de voir. Voir, tout simplement ...
Elle était tellement étonnée, émerveillée des modifications qui entraient dans nos vies, qui la bousculaient un peu, mais ... c'était tellement bon !
Nous nous redécouvrions, nous renaissions, nous étions, plus que jamais, fusionnels.
Le mois suivant, après un voyage "de noce" inoubliable, nous nous installâmes dans une existence légère, aérienne, évanescente, sur un petit nuage.
Les premières atteintes survinrent alors : ma vue se dégrada très rapidement, les résultats de l'opération étaient décevants. Le mal allait suivre son cours, inexorablement, m'avait avoué mon chirurgien.
Je décidai d'en prendre mon parti (ou alors était-ce parce que je savais que ce serait irréversible ?)
Un soir je l'enlaçai tendrement, fixant son regard que je pouvais encore percevoir, et lui déclarai doucement : "Tu sais, mon amour, je t'ai vue, je t'ai vue, tu entends ? et maintenant je peux m'en aller, excuse-moi. Ton image en tête, je peux mourir".

Loïc, sur une proposition de "ECRITURE CREATIVE", ICI.
"Voir, Naples, et mourir ..."


mercredi 17 mai 2017

Sea, sun, and … Rien.


Sea, sun, and … Rien.
J’ai 17 ans, je vends des glaces et des boissons fraîches sur la plage en été.
Oh, ce soleil, c’est tuant … Je n’aurais jamais cru. Et la concurrence, féroce : chacun a son pré carré, malheur à celui qui transgresse les codes, comme un musicien dans le métro. La roue de ma carriole s’enfonce régulièrement dans le sable.
Le pire : les pieds, les jambes, écorchés, lourds. Je crains l’entorse, le chômage technique. Un ado fait le paon, sous forme de roues élégantes, devant les filles. J’en ferais bien autant, moi, mais mes forces sont à bout. Le jeune homme, de mon âge, me toise et fait le malin en m’interpellant : « Hé, pousse la plus vite, ta brouette ! Sinon on te la renverse ! « »
Mais j’ai ma fierté : ne pas faire une tête de chien battu, ne pas répondre, surtout pas. Un homme m’appelle, de loin, du haut de la plage : « Ici, mon gars ! » Il faut remonter, mais ça vaut le coup : quatre glaces, les parents et deux enfants. Je suis redescendu, un des enfants crie vers moi : « Non, je voulais plutôt un Coca ».
J’enlèverais bien mon T-shirt. Et si je m’asseyais un peu, pour souffler ? Je ne dois pas être torse nu : gare aux coups de soleil.
Un vieux couple. Chacun, dans sa chaise longue, s’occupe. Lui lit un policier, elle fait des mots croisés. « Te voilà bien courageux, on n’en voit plus beaucoup, des comme toi ! Allez on va te prendre deux Oranginas. Garde la monnaie, va ».
Trois gosses me suivent. Ils n’ont rien trouvé de mieux que de me jeter du sable, si possible dans ma carriole, en braillant une chanson paillarde, apprise lors d’une soirée de barbecue familial, et à laquelle ils ne comprennent sans doute que goutte. Leurs parents les regardent d’un air attendri. Le père entonne, lui aussi, la chanson, avec un grand sourire niais, mais reçoit un bon coup de coude de sa femme.
Je me laisse tenter : « allez, je m’en offre une autre. De toute façon tout va fondre, maintenant. Il ne faudrait tout de même pas que je lèche tout mon fond de commerce. Cela m’a valu, l’autre jour, de me retrouver le soir sans le sou.
Inhumaine, cette journée mais… « Ça te fera les pieds », m’a dit le voisin, toujours si aimable, en me voyant revenir, hier.

Loïc

samedi 13 mai 2017

"Il y a trois sortes de ... "


" Il y a trois sortes d'hommes :
Les vivants, les morts, et ceux qui sont en mer ". PLATON
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" Il y a trois sortes de femmes : les mères, les filles et puis les amantes. " - Soazig

Il y a trois sortes de femmes " : les soumises, les révoltées, celles qui conquièrent. " - Dany

" Il y a trois sortes de femmes : les mères, les veuves et celles qui attendent au bout du quai le retour du bateau. " - Hélène

" Il y a trois sortes de femmes : des femmes courageuses, des femmes créatrices, des femmes de petite vertu. " - Nicole

" Il y a trois sortes de femmes : la femme enfant, la maîtresse femme, la femme maîtresse. " - Maryse

" Il y a trois sortes de femmes : celles qui soignent, celles que l'on soigne, celles qui se débrouillent. " - Elise

" Il y a trois sortes de femmes : les bonnes du curé, les femmes libérées, et les ménagères de plus de cinquante ans. " - Loïc

" Il y a trois sortes de femmes : les chochottes, les rigolotes et les cocottes. "  - Gaëlle

" Il y a trois sortes de femmes : les bonnes femmes, les femmes de mauvaise vie et les femmes d'affaires. " - Annie

Il y a trois sortes de femmes : celles qui ont eu des enfants, celles qui s'en plaignent, celles qui se réjouissent de ne pas en avoir.. Françoise R'

" Il y a trois sortes de femmes : Celles qui se voilent, celles qui mettent les voiles, celles qui se dévoilent". Géraldine 

mercredi 10 mai 2017

L'abri du marin


L’abri du marin, à Sainte-Marine.
Un père conduit vers le patron de pêche son fils (12 ans) , pour l’engager sur sa « première marée » … Dialogue entre ces trois personnages.
……………………………….
 » – Non, non, père, je ne veux pas. Excusez-moi, père. Excusez-moi, mais j’ai peur …
– Comment ça, tu ne veux pas ? mais c’est la tradition ! J’ai suivi mon père, moi, et il avait suivi son père, et tu me suivras, je te prie de me croire ! Serais-tu un de ces enfants qui osent s’opposer à leur père ?
– Allez, Iffig, obéis donc à ton père. Je te promets une première marée pas difficile, tu sais.
– Je n’ai pas peur du travail, mais de la mer, Patron Yann-Vari !
– Mais on a besoin de toi, bonhomme, tout de suite et pendant toute la durée de cette guerre interminable, pour ramener la godaille et l’argent de notre vente. Il faut les nourrir, nos familles, et comment faire, par exemple, pour tes petits frères et tes soeurs, et ta maman ? Nous ne sommes plus assez d’hommes à Saint-Marine.
– J’ai peur, père, et je ne serais pas utile sur un bateau, Patron Yann-Vari. Je serais plutôt une charge, pour la pêche et pour la vie à bord …
– Une charge ? Je m’occuperai vite de te mettre au pas, moi ! Tout ce qui ne sert à rien à bord, c’est balancé à la flotte, et vite fait, tu sais !
– Je sais, Patron, que ce que vous dites est exagéré, et ce n’est pas de ça que j’ai peur. Trop de tontons, de cousins, de pères de mes amis, ont disparu. Je ne veux pas subir leur destin. Et … j’ai peur aussi pour toi, papa …
– Il le faut, mon fils. Nous t’aiderons, t’accompagnerons, t’encouragerons. Tu pourras compter sur nous, hein, Yann-Vari ? tu verras, ça ira. Tiens, commence donc par avaler ce coup de fort, ça ira déjà mieux. Et cours chercher ton barda, embrasse ta mère en passant, et … sur le pont ! T’es un homme, maintenant. Torche ton nez, donc, et va aider à ranger les caisses. « 
Loïc
Les abris du marin, Wikipédia : 
Association des Abris du Marin :

samedi 6 mai 2017

Etranges étrangers

« Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
Hommes de pays loin
Cobayes des colonies
Doux petits musiciens
Soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
Brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
Ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
Au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
Embauchés débauchés
Manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
Pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère
Rescapés de Franco
Et déportés de France et de Navarre
Pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
La liberté des autres.
Esclaves noirs de Fréjus
Tiraillés et parqués
Au bord d’une petite mer
Où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
Qui évoquez chaque soir
Dans les locaux disciplinaires
Avec une vieille boîte à cigares
Et quelques bouts de fil de fer
Tous les échos de vos villages
Tous les oiseaux de vos forêts
Et ne venez dans la capitale
Que pour fêter au pas cadencé
La prise de la Bastille le quatorze juillet.
Enfants du Sénégal
Départriés expatriés et naturalisés.
Enfants indochinois
Jongleurs aux innocents couteaux
Qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
De jolis dragons d’or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
Qui dormez aujourd’hui de retour au pays
Le visage dans la terre
Et des hommes incendiaires labourant vos rizières.
On vous a renvoyé
La monnaie de vos papiers dorés
On vous a retourné
Vos petits couteaux dans le dos.
Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
Vous êtes de sa vie
Même si mal en vivez
Même si vous en mourez. »
Jacques Prévert
Merci Yolande Moreau. Un très beau texte à méditer. Avant d’aller voter ...

jeudi 4 mai 2017

Songe d'une nuit d'été ...

Songe d'une nuit d'été ? »

Domaine de Boutiguéry, Gouesnac'h
Deux couples d'Athéniens se retrouvent dans les bosquets de la forêt… Lysandre aime Hermia. Mais le père d'Hermia voudrait qu'Hermia aime Demetrius, poursuivi par Helena.
Un mauvais sort a été jeté par un petit lutin : je dois tomber amoureux d'une de ces personnes.
(Mon identité, tirée au sort : je suis Pierre).
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Mais je l'aurai, je l'aurai ! Il me faudra passer entre tous ces arbres, ces massifs de fleurs, et aussi me faufiler entre les reliques d'une civilisation : des pierres celtes, aux inscriptions bien mystérieuses.
Je l'aurai, oui, ce bellâtre. Ma belle ne peut pas, décemment, céder à ses avances : Je me dois de lui ouvrir les yeux !
"Pierre, tu es Pierre, et… " Je coupe tout de suite Hermione dans sa citation, c'est du déjà vu, ça. Oui, je suis Pierre, Hermia, et dans notre foyer je bâtirai notre amour.
Elle court devant, puis ralentit, rattrapée par Lysandre.
« Écoute moi, mon amour. Lysandre est un dieu, OK, et Demetrius un demi-dieu. Des beaux mecs tous les deux, d'accord. Oui, moi on m'apprécie surtout pour mon esprit, plus que pour mon physique, tu en conviendras. Ces deux gigolos ne savent pas aligner trois mots. Imagine l'ennui de la vie avec ces deux là! Et puis, leurs têtes, et leur corps body-buildés, dans cinquante ans …
" Bon, Pierre, je m'en vais réfléchir. Peut-être vais je repousser Lysandre, et même Demetrius, malgré le vouloir de mon père.

Viens, je ne te hais point, grand nigaud".

Mots interdits



Lors de notre visite du beau parc botanique de Boutiguéry, à Gouesnac’h, dans le sud Finistère, Géraldine a proposé à notre groupe d’écriture de produire un texte à propos de ce parc, mais avec l’interdiction d’utiliser les mots suivants :
Arbres –fleurs – sentier – bois – feuilles – beau – parc – marcher …
Le domaine de Boutiguéry, ICI
………………………
Ronds, rondouillards même, ou élancés, majestueux ou discrets,
encore dénudés ou déjà revêtus d’une verdure qui tremble doucement au vent,
les rois de la forêt nous saluent lors de notre cheminement
à travers le site arboré et floral de Boutiguéry, une merveille.
Ici, tout est calme. Seuls troublent le silence les pépiements et les chants des oiseaux.
Les multiples couleurs, en une harmonieuse palette, subliment la nature.
Calme, volupté, lâcher prise, renaissance.

mardi 2 mai 2017

Incertitude ...

Incertitude…

Un certain soir d'incertitude, je suis allé voir mes amis. Mes amis vont m'aider, comme d'habitude. Eux me comprennent, car je suis des leurs. Ils se sont tous rassemblés au seul endroit où ils peuvent s'exprimer : le zoo de Vincennes.
Je me suis laissé enfermer. La soirée, puis la nuit, vont être magiques. Près de l'entrée le ronronnement du métro s'atténue, remplacé par celui de la lionne à laquelle Compère Lion caresse doucement la croupe. Le doute qui m'a conduit ici s'est estompé :
Ce sont vraiment mes amis, comme mon chien qui m'écoute quand je travaille au bureau, acquiesçant des oreilles quand je lui parle. Lui au moins ne me coupe jamais la parole.
L'éléphant non plus d'ailleurs qui me rafraîchit en agitant devant moi ses larges oreilles. « Salut, Baloo ! » Et il me répond par de longs barrissements.
Je me surprenais de plus en plus souvent, à la maison : étais-je encore un homme, ou bien étais-je en train d'abandonner cette défroque pour enfiler chaque soir, dans l'incertitude, celle d'une espèce différente ?
En serpent, je ne me sens pas bien. Sournois, hypocrite, pas mon truc. Girafe ? Ridicule. Hippopotame ? C'est malin, arrêtez de vous moquer de moi !
Un singe ? Ah oui, pas mal, tiens, celui-là correspond assez bien à mon caractère. Mais attention : sagouin, ou plutôt babouin ? non. Ouistiti, oui, ça me va bien !
Un certain soir d'incertitude ? qui a osé le prétendre ? droit dans mes bottes !
Loïc

lundi 1 mai 2017

Les filles

Les filles.

Je te l'ai dit, les filles j'en ai peur, elles me regardent puis sourient.
Elles me scrutent, me déshabillent du regard,
Me mettent à nu, carrément, ces effrontées.
Je te l'ai dit, elles font les malines parce qu'elles ne sont pas seules.
Je te l'ai dit les filles font les malines
Parce qu'elles ne savent pas faire autre chose.
Elles me taquinent, souvent, après l'école,
Font tournoyer leur youlahoop ...
Je te l'ai dit : moi je ne sais pas faire, je ne vais pas essayer, je ne veux pas apprendre. 
C'est un truc de fille, le youlahoop.
Je te l'ai dit je ne suis pas une fille, donc je suis seul.
Je suis le seul garçon de la rue
Et les filles, j'en ai peur.
Je te l'ai dit, elles pouffent en me regardant.
Je te l'ai dit : un homme ça ne fuit pas,
Je te l'ai dit : un homme ça ne pleure pas,
Je te l'ai dit : Tu n'as pas peur, tu n'as pas peur, tu n'as pas peur.
Puisque je te le dis.
Quand je pense qu'elles vont devenir des femmes ...
Au secours !
Je te l'avais dit ...
Loïc