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Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
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Loïc

dimanche 5 juillet 2015

Les « penn sardin », chant des sardinières de Douarnenez.




Les « penn sardin », chant des sardinières de Douarnenez.

Toujours sur les croqueurs de mots : Cette fois nous choisissons un poème ou une chanson sur le thème de la mer, et nous disons pourquoi nous l’aimons.

…………………………………

La mer est (en cette période de vacances, particulièrement) synonyme de liberté, de temps libre… Mais encore aujourd’hui, du moins en Bretagne, elle est aussi (surtout ?) la mère emblématique de ces métiers spécifiques, de ces emplois directs ou indirects, du marin-pêcheur au mareyeur et au vendeur des halles, du matelot mécanicien au fourrier, au bosco, au pilote de l’Aéronavale… Une liste infinie.

Dès que les luttes sociales dans le milieu maritime sont évoquées, j’ai en tête la « grande grève » de 1924 après celle de 1905 des ouvrières d’usine (penn sardin) de Douarnenez, la première commune française –  tout de même – à avoir par la suite, élu un maire communiste. Tout est expliqué ici.

Claude Michel, avec sa gouaille et sa voix un peu éraillée, a composé cette chanson pour revendiquer haut et fort, fièrement surtout, son appartenance à ce milieu : militante sociale, et militante féministe. « Ce que je déteste par-dessus tout ? les machos ! » (À 80 ans, elle en a certainement connu plus d’un, dans sa jeunesse). Accordéon diatonique, harmonica, nous voici dans les chants de marins ? Non, pas tout à fait, car ici ce n’est pas le folklore des chants de travail (à hisser, à tirer, à ramer…). Nous sommes dans la revendication, la lutte sociale que n’ont pas forcément menée tous ces travailleurs de la mer, par empêchement, par ignorance, par manque de force…

Très souvent, les marins au long cours emportaient pour leur voyage un harmonica, ou pour les moins pauvres, un diato. On répétait alors des chants connus sur tous les ponts, et souvent internationaux. Ou alors, certains créaient de nouvelles chansons sur une musique déjà existante, lorsqu’une occasion se présentait : événement particulier à bord, bagarre, escale mouvementée...

À défaut d’être en tous points le reflet du travail de la vie à bord ou dans l’usine, ces chants respirent l’ambiance de l’époque, l’état d’esprit, parfois la joie d’être ensemble, mais la souffrance surtout.



Penn Sardin

Une chanson écrite par Claude Michel et composée par Jean-Pierre Dovilliers, parue sur l'album "Toi mon accordéon" et qui raconte la célèbre grève des sardinières de l'usine Carnaud en 1924, symbole de la prise d'autonomie et de l'engagement des femmes, symbole de l'histoire du Finistère (Article 1 - Article 2).
Il fait encore nuit, elles sortent et frissonnent,                                           
Le bruit de leurs pas dans la rue résonne.

Refrain :
  Écoutez l' bruit d' leurs sabots
  Voilà les ouvrières d'usine,
  Écoutez l' bruit d' leurs sabots
  Voilà qu'arrivent les Penn Sardin.

À dix ou douze ans, sont encore gamines
Mais déjà pourtant elles entrent à l'usine.

Refrain

Du matin au soir nettoient les sardines
Et puis les font frire dans de grandes bassines.

Refrain

Tant qu'il y a du poisson, il faut bien s'y faire
Il faut travailler, il n'y a pas d'horaires.

Refrain

À bout de fatigue, pour n' pas s'endormir
Elles chantent en chœur, il faut bien tenir.

Refrain

Malgré leur travail, n'ont guère de salaire
Et bien trop souvent vivent dans la misère.

Refrain

Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent
À plusieurs milliers se mettent en grève.

Refrain :
  Écoutez claquer leurs sabots
  Écoutez gronder leur colère,
  Écoutez claquer leurs sabots
  C'est la grève des sardinières.

Après six semaines toutes les sardinières
Ont gagné respect et meilleur salaire.

Refrain

Dans la ville rouge, on est solidaire
Et de leur victoire les femmes sont fières.

Refrain

À Douarnenez et depuis ce temps
Rien ne sera plus jamais comme avant.

Refrain
  Ecoutez l'bruit d'leurs sabots
  C'en est fini de leur colère,
  Ecoutez l'bruit d'leurs sabots
  C'est la victoire des sardinières.



Loïc

14 commentaires:

enriqueta a dit…

Un hommage bien mérité pour des femmes exceptionnelles et un intéressant voyage dans le temps.

almanito a dit…

Un monde que je découvre un peu mieux grâce à toi, notamment ces grèves. J'ai beaucoup d'admiration pour ces gens de la mer qui avaient une vie très dure et malgré tout savaient s'amuser.
Un état d'esprit disparu aujourd'hui...

les Caphys a dit…

Magnifique ! Ca nous donne des frissons, les mêmes qu'on a ressenti dans les pubs en Irlande. Ca s'appelle la fierté d'un peuple !

les Caphys a dit…

et une bouffée d'espoir ce soir avec ce NON grec !

jill bill a dit…

Sympa ce billet du jour et bravo à la dame.... merci, JB

Jeanne Fadosi a dit…

Un bel hommage à ces femmes courageuses et pas seulement les femmes de marin. Un article qui va très bien avec le poème que j'ai programmé pour jeudi prochain (Sardines à l'huile, de Georges Fourest) où j'évoque aussi en fin de billet la crise sardinière du début du siècle dernier. Je vais ajouter un lien vers le tien si tu le permets.

Tmor a dit…

Je découvre cette chanson. Merci !

Loïc Tizef a dit…

Pas seulement les femmes de marin, bien sûr !
Elles ont dû se battre (et continuent) pour tenter d'être les égales des hommes, mais ... il y a encore du boulot !
Je serais ravi que tu ajoutes le lien, et t'en remercie.
LOIC

Lenaïg a dit…

Merci, Loïc, pour toute ta superbe page, ambiance de mer à fond et sur fond de luttes sociales, chant d'hommage à des femmes braves ! Bises.

Anonyme a dit…

Bonjour Loïc !

Une belle tranche de lutte ouvrière féminine !
Vive la lutte et la sardine !

(c’était juste pour rimer !)

Merci d’être passé chez moi !

Bonne journée !

Rotpier

http://rotpier.over-blog.com

elisabeth a dit…

Je connais une ancienne sardinière, elle habitait près de Auray (56), c'était la belle-mère de ma soeur. Nous allions souvent en vacances en Bretagne et c'est là que ma soeur a connu son mari, un pur Breton. Un travail rude que la belle-mère a exercé toute sa vie. J'ai participé aussi au DEFI lancé par Enriqueta. J'aime la mer et la Bretagne... Bon après midi.

Jeanne Fadosi a dit…

Sardine à l'huile est paru ce matin avec un lien vers ici

Andree Gab a dit…

merci pour ce bel hommage - cela fait réfléchir de voir leur jeune âge ... aujourd'hui où l'on commence (quand c'est possible) à travailler si tard.
Bonne journée

Joseph Guégan a dit…

Merci pour cet article et la découverte de cette chanson
C'est lorsque je vivais à Douarnenez, pour des raisons professionnelles que j'ai découvert cette partie importante de la lutte de ces femmes.
J'ai acheté, "Les chasseurs d'écume" BD (4 tomes)de François DEBOIS er Szege FINO qui se passe à Douarnenez et qui raconte cette épopée sardinière.