Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
Je serai ravi de lire vos commentaires : Merci !
Loïc

vendredi 21 février 2014

Vieux fauteuil ...



A cette époque, j’étais jeune, brillant sous ma cire, et sous les lumières de la carrée. C’est le bosco de la Belle Fouesnantaise, frégate au long cours, qui avait hérité de moi, qui venais de sa famille malouine, et qui m’avait offert à son capitaine. Ou alors - mais je ne l’ai jamais su exactement - j’ai été récupéré, en gage d’une dette de jeu, après une escale bien arrosée …

Je trônais, au beau milieu de la carrée, devant le portrait de l’ancien capitaine. Le pacha du moment aimait à s’y carrer dans mon assise, car j’étais bien calé, les jours de tangage, et offrais un confort inégalable. Mes accoudoirs permettaient au chef de garder une belle prestance, et de l’autorité devant ses seconds : Une mutinerie est si vite arrivée !

Parfois – mais alors, par très beau temps et mer d’huile – le maître à bord ordonnait qu’on me monte sur la passerelle ; là, il pouvait tout diriger, sans se lever, et même, souvent, le verre de tafia en main, car il avait tout loisir, en tournant lentement et alternativement à tribord et à babord, pour surveiller ce qui se passait sur le pont.

J’en ai vu, du pays ! mais jamais d’escale …

Sauf maintenant. J’ai posé mon sac à terre quand la Belle Fouesnantaise a été désarmée, et quand on l’a « mise à poil » : plus rien dans les cabines, dans les cales, dans les coursives, tout le fourbi, dehors. Le sac sur le dos et les pieds sur le quai : fini.

Les seuls matelots, à présent, se tiennent devant le patron du bistro « l’ancre de marine », qui gère son affaire toujours assis. Ces marins sont plus souvent dans des godasses à bascule qu’à la manœuvre, ça je vous le dis, et moi je suis bien plus souvent arrosé de bière que de paquets de mer …

mercredi 5 février 2014

Odeurs

Françoise Héritier, "Le goût des mots", éd. Odile Jacob, décembre 2013
Un "travail" fait dans l'atelier "l'Ecume des mots", à Fouesnant (http://ecumedesmots.wordpress.com/) :



à partir de « Le goût des mots », de Françoise Héritier :

Sonorités des mots, musique des mots, couleur des mots,

sensations, émotions apportées par les mots.

……………………………………

Lorsque j’étais enfant, il m’était interdit - à cause de mon âge, et aussi, paraît-il, pour des raisons de secrets militaires - de pénétrer dans le lieu où mon père passait la plus grande partie de son existence : l’atelier de réparation des véhicules destinés aux déplacements à l’intérieur de l’Arsenal de Brest, mais aussi sur les ponts de certains bâtiments de la Marine comme les porte-avions, pour ce qui concernait les vélos, les Solex et autre Mobylette.

Je lui demandais souvent de me dire la mécanique, de me raconter l’ajustage des pièces, et de me présenter les « choses ». Les choses… C’étaient toutes ces pièces, ces outils, dont il me donnait une idée de l’usage lorsque nous visitions un garage automobile, en ville. Là, nous avions l’autorisation (seulement parce que le garagiste savait que mon père était mécano) de déambuler dans le magasin, véritable caverne d’Ali Baba. Mais : défense de toucher ! Car le rangement et l’ordre était bien sûr les mots d’ordre absolus.

Et mon père parlait, énumérait, expliquant parfois le rôle des pièces, les fonctions d’un organe dans un appareil… Et cela – je vous le jure – faisait de la musique. Et l’odeur de l’essence, et la couleur cambouis, qui était pour moi celle des mains de mon père, depuis sa naissance certainement … !

« Vilebrequin, alternateur, la chemise du cylindre, les cylindres en V, les pistons, le carburateur et son gicleur, les charbons du démarreur, les pignons de la boîte de vitesses… »

« La clé de force, la clé de pipe de 10, la clé auto-dynamique… » Ne manquait que la clé de sol !

Et ces expressions si parlantes, qui pouvaient être délicieusement interprétées dans des sens tout autres, hors du contexte : « l’embrayage broute, tes cylindres marchent sur trois pattes, faire tout patiner, le circuit de frein est cuit, mettre toute la gomme, ne pas forcer la direction pour ne pas péter les rotules, lâcher les gaz, se mettre à la masse, passer la bobine au sèche-cheveux », « Tu vas surchauffer, si tu ne t’occupes pas de tes segments ! »

Mais, malgré toute la poésie, malgré les airs entendus que prenaient avec complicité le mécano et le garagiste, malgré l’odeur des garages, je ne suis pas tombé dans la fosse, je n’ai pas coulé des bielles jusqu’à la retraite dans ce métier…

dimanche 2 février 2014

Vous avez dit bonheur ?

 Père et enfant bonheur fleurs silhouettes
Et sur le bonheur, il n'y a pas de soldes?
Ah non, c'est vrai, le bonheur n'a pas de prix!
Anonyme