Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
Je serai ravi de lire vos commentaires : Merci !
Loïc

mardi 25 avril 2017

La môme néant (Jean Tardieu)



Pourquoi ?

La môme néant - Jean Tardieu
(Voix de marionnette, voix de fausset, aiguë, nasillarde, cassée, cassante, caquetante, édentée.)


 Quoi qu'as dit ?
- A dit rin.
 Quoi qu'as fait ?
- A fait rin.
 A quoi qu'a penses ?
- A pense à rin.
 Pourquoi qu'as dit rin ?
Pourquoi qu'as fait rin ?
Pourquoi qu'a penses à rin ?
 - A' xiste pas.


Monsieur, Monsieur
Editions Gallimard, 1951
............................................
A dit rin
Personne n'écoute
A fait rin
pourquoi, toujours, faire ?
A pense à rin
C'est quoi, penser ?
pourquoi, réfléchir ?
Et pourquoi pas ?
A'xiste, moi.

Loïc, sur une proposition de la petite fabrique d'écriture.

samedi 22 avril 2017

Début, fin ?

Bravo pour la photo ! Merci à ma petite-fille Nadya

Début, fin ?

Dis-moi, joli soleil,
Dis-moi du haut du ciel,
Que veux-tu m'enseigner ?

Pourquoi s'enfuient-ils donc
Ces épais nuages gris
Pourchassés par le vent ?
Pourquoi cette menace ?

Vont-ils se déverser
Sur nos villes en paix ?
Sous les toits me blottir ...

Est-ce levant ou couchant ?
Loin du ciel la télé
Nous impose les démons
De ce monde effrayant.

Fermons bien les volets
Tenons-nous bientôt prêts
Nous devrons résister ...

Loïc

vendredi 14 avril 2017

Grand corps malade, "Ca peut chémar", extrait de l'album "Midi 20"




[Intro]
Vous avez un nouveau message, aujourd'hui à 15h25
Allo Fab ? Ouais c'est Samy, rappelle-moi d'urgence quand t'as ce message
J'ai eu une idée de ouf, non mais là c'est bon obligé ça peut chémar


[Couplet 1 : John Pucc'Chocolat]
Combien de bonnes âmes s'attendriront sur notre parcours
Peut-être les mêmes qui à l'ancienne n'auraient jamais cru qu'en ce jour
Le soleil caresserait nos ailes en donnant raison à notre zèle
P'tite tête tu m'traitais de brêle… mes ambitions tu t'foutais d'elles

Mais hélas, pour ta gouverne, sache qu'on a bien repris les rênes
Aussi sûr qu'on se démène pour ne jamais plus être à la traine
On nous disait qu'ça craint là d'où l'on vient pour compter vivre de nos passions
Au point qu'elles nous consument à petit feu sans rémission
J'ai dû slalomer pieds nus et sans skis
Il m'a fallu traverser la toundra et plus sans huskies
Pour devenir maître de mon devenir j'ai frôlé la crucifixion
Mais j'en ai conclu que nos rêves sont à notre portée
Encore faut-il accepter de souffrir pour les mériter

Alors si tu doutes et qu't'en as marre surtout n'enterre jamais l'espoir
Sur la pendule des acharnés à tout moment « ça peut chémar »


[Couplet 2 : Grand Corps Malade]
Des projets, nous et nos potes, on en a eu plein nos poches
Trouver la bonne idée au bon moment pour ne pas rater le coche
Quels que soient les domaines : social, culture ou dans le sport
Il nous fallait tenter notre chance, on ne pouvait pas avoir tort

Des idées les plus farfelues aux projets les plus tangibles
Etions-nous simplement têtus, rien ne paraissait inaccessible
Le plus grand des océans devenait pour nous une petite mare
Lorsque cette phrase résonnait : « je te jure ça peut chémar »


[Couplet 3 : John Pucc'Chocolat]
Ma raison d'être a prit le pas sur ma raison sociale
A toutes les prisons du paraître j'ai mis un retourné facial
Aviez-vous remarqué que l'ascenseur social est bloqué
Et qu'les experts ont bien mieux à faire que d'le réparer
Sur ma lancée j'devais poursuivre alors j'ai pris les escaliers
Mais à ma grande surprise, y'avait plus de marches après le premier palier
On a donc dû relever les manches, taffer dur même les dimanches, quitte à se faire bébar
Et dans nos têtes on se répétait en boucle « t'inquiète, un jour ça va chémar »


[Couplet 4 : Grand Corps Malade]
Je me souviens même plus vraiment quel était notre but final
Voir le quotidien différemment, tenter un truc original
Evidemment ne soyons pas naïfs, on voulait aussi faire des sous
Mais si c'était le seul objectif, on aurait souvent été déçus

Finalement notre ambition, c'était de se créer des rêves
S'offrir une vraie récréation, que le réel nous offre une trêve
Et puis surtout être fiers de construire avec ses potes
On avait besoin de ça, grandir pour changer d'époque

Combien d'heures accumulées en bas de chez toi dans la voiture
A refaire le monde et à refaire notre futur
Combien d'idées d'excités on a citées au pied de ta cité
Et si t'es comme moi, tu referais la même sans hésiter


[Couplet 5 : John Pucc'Chocolat]
A tous les gosses meurtris de briller dans l'indifférence
D'une société qui les néglige puis les accuse de nonchalance
Un hymne à Mère Patrie qui brise le talent et passe son cri sous silence
Une clameur se fait entendre et bat la mesure en cadence
« France ! » des fois je te hais, parfois tu m' émeus
Mais souvent je me tais car je sais qu'au fond je t'aime…
Mais il serait temps que tu rendes hommage à tous ces talents détruits
Fais donc ton tri au mérite et il y aura beaucoup moins d'aigris
Beaucoup moins de jeune épris du lointain modèle états-unien
Parce que réussir ailleurs reste encore le seul moyen d'obtenir ton soutien
Si beaucoup se barrent, c'est pour chasser des chimères aut'part que dans leurs cauchemars
Rappelle-les sur tes terres et montre-leur qu'ici aussi pour eux ça peut chémar


[Couplet 6 : Grand Corps Malade]
Alors on a monté des projets loin des projecteurs
Pour éviter les projectiles des rageurs jeteurs de sorts
Est-ce la mentalité de banlieue ou la mentalité française
Mais les meilleures idées sont souvent celles qui se taisent
Doit-on vraiment changer d'envie ou changer d'environnement
Pour se fixer des objectifs et les atteindre ouvertement
Des mecs qui te jettent le mauvais oeœil, on en connaît depuis le préau
Je dois avouer que même entre nous, on s'est pas toujours tirés vers le haut
Mais fini de s'imposer notre propre censure, on n'a pas de sang sur les mains
Alors pourquoi ne pas être sûrs qu'on est sur le bon chemin
Nous n'étions pas forts mais ce passé nous a formés et plus jamais je me marre
Quand j'entends cette phrase résonner : « je te jure ça peut chémar »
.................................
"Les meilleures idées sont souvent celles qui se taisent"

mardi 11 avril 2017

Evasion

PAIMPOL, Festival du chant de marin, août 2009
Evasion.
Juste derrière lui, une fanfare ! mais il est ailleurs. Ne lui parviennent que les fantômes des cris ou des chants de travail, des jurons, des rires qui montent des ponts, d'un pont, le sien.
La fanfare Zébaliz (sic !) pourra tenter de le faire sortir de son apparente torpeur ... elle peut toujours essayer !
Son calme et son détachement camouflent l'ébullition intense, ardente, qui anime son imagination et sa flamme. Est-il un de ces "Parisiens en vacances" qui vit le rêve qu'il ne réalisera jamais, ou bien un authentique marin-pêcheur retraité, qui se refait, sans regret, sans nostalgie, le film de son existence, ?
Le pinceau s'agite à présent, fébrile, reproduisant sur la toile les images éphémères de la rencontre des vieilles coques sauvées de l'oubli.
Et si j'osais ? Je m'approche, lui effleure l'épaule, levant le pouce : "c'est ... c'est tellement beau, monsieur !"
Un petit sursaut, puis il soulève sa casquette et m'adresse un doux et profond sourire.
Loïc

dimanche 9 avril 2017

samedi 8 avril 2017

Solidarité (acrostiche)

TOGO - BRESIL

Toute offrande est un don du Ciel auquel ils croient encore,
Occupés tout le jour à survivre,
Gagne-petits lorsque par miracle ils trouvent une miette;
Organisme Togo-Brésil, leur espoir,
Bouée sur l'océan de leur misère,
Reflux vers leur enfance innocente et joyeuse.
Evadez-vous si vous le pouvez encore,
Serviteurs impuissants de l'ordre mondial ...
Illusions perdues, mais
Liberté, toujours, dans leurs yeux.

jeudi 6 avril 2017

Carcasse

A l'Ecume des mots, nous avons chacun-e imaginé quel était 
le sujet de ce tableau, et laissé courir notre imagination ...

Carcasse

"Au fond de son vieux port,
s'entassent les carcasses
des bateaux déjà morts … » (François Budet)

Mais nous ne sommes pas à Loguivy-de-la-mer. Ce lieu est anonyme, ou du moins l'artiste n'a pas jugé opportun de situer ce gros plan sur un sujet immobile. Nul besoin non plus de nous repérer sur l'échelle du temps, car tout est figé depuis des décennies.
Un bateau de pêche, une coque en bois, selon la coutume de ce vieux temps. Membrures, clins, hachés régulièrement par des éperons, des échardes qui les marquent en leur infligeant les stigmates de la vieillesse.
Le bois a renoncé à sa fierté, à sa superbe, car la couleur n'est plus que restes de taches écaillées.
Mais le métal résiste, persiste à maintenir à cette coque sa tenue et sa fière allure. Il va bientôt devoir y renoncer, car l'affront de la rouille ronge, envahit, gagne du terrain.
Bientôt tout ne sera plus que poussière mangée par les algues et les trous d'eau. D'autres bateaux viendront se coucher, éteindront leur fanaux, mourront en paix.

samedi 1 avril 2017

L'écrivain-voyageur

"La mer, vous dites ? comment vous dire ... je ne peux pas dire ... Je ne sais pas ce que c'est.
Je sais que je suis seul, perdu dans l'immensité, secoué par les vents et le froid, écartelé dans l'écume de creux, de trous, dans cette épuisante succession de coups de boutoir.
Chaque choc est devenu un supplice, chaque écueil un challenge. J'ai perdu, voici quelques heures, mon stylo, mon compagnon de voyage qui m'incite et m'oblige à continuer, à m'accrocher : Je vous l'ai promis, et je me le suis juré. J'ai un témoignage à vous, à me, fournir. Pas une promesse, encore moins un contrat, non. Un voeu sacré, un sacerdoce. Il ne me reste que mon crayon gris, seul contact avec votre monde habité.
Dès mon retour je vous remettrai mes écrits, promis.
Et je m'autoriserai à rejoindre ma maison, quittant le monde blanc du pays des hauteurs.
Finie alors l'évasion en montagne : Bonjour la mer, je vais me présenter à toi, et ... à nous deux !"

Armel Le Cleac'h
sur une idée des Impromptus Littéraires