Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
Je serai ravi de lire vos commentaires : Merci !
Loïc

dimanche 29 janvier 2017

Le coq face à l'inéluctable

Mon coq est malade, très malade. 
Comme quand j'allais le voir, 
perdu au fond de mon désespoir ...
Soyons courageux, et devançons, 
préparons-nous, anticipons.
Hier soir
les yeux pleins de larmes
et la crête en bataille
il m'a supplié
Ne me laisse pas partir comme ça
comme tous les coqs
je ne suis pas n'importe quel coq
Prépare moi un codicille

et c'est fait.

mercredi 25 janvier 2017

Invitation

Voici la vidéo et les paroles de la chanson 
"les mots", de Renaud : ICI (clic)

Je m'adresse, pour ma part, à un ami, pour le convaincre de venir écrire avec nous, à notre atelier "l'Ecume des mots" ... :

Les mots ...
A l'Ecume des Mots, tu vois, nous gardons notre rigueur, pour éviter - en toute convivialité - la désolation qu'apportent l'aliénation et la solitude. Tu pourras faire une croix sur l'aridité de ton inspiration, oublier l'ennui, le dégoût de ton isolement.
Halte à la répétition de tes sensations d'étouffement, halte à l'appauvrissement de ton langage : Libère-toi dans les mots, tu sortiras de ta prison. Viens donc, tu gommeras tout ce qui est négatif en toi.
Loïc

dimanche 22 janvier 2017

Exil

Exil.

Il en a eu assez, le petit Leprechaun. 
Assez des histoires mille fois ressassées à son propos, assez de l'image folklorique surannée et surtout très touristique dont on l'affublait. Assez des pubs enfumés, des violons, des accordéons diatoniques, et des sempiternelles chansons patriotiques qui bouffent de l'Anglais à qui mieux mieux.
Alors il est parti. Il a fui la verte Erin, ses champs ceinturés de pierres, ses trèfle en écussons, ses pintes de Guinness, ses irish stews et ses traîtres whiskies.
Il n'a pas cherché longtemps : Breizh lui tendait les bras. La Bretagne, sa cousine s'était-il entendu dire. Aussi belle que sa terre, aussi fière, aussi indomptable.
Mais comment allait-il procéder… ? Il devrait lutter contre tout : la météo, les animaux sauvages, et surtout les hommes.
Thibaud Toulemonde, "Killarney"


Alors il se rendit à Killarney, choisi car il y était né et y avait passé son enfance (un dernier regret ?). Il y réunit des pierres, avec force courage, des milliers de pierres qu'il entassa, avec une rage et une énergie stupéfiantes, formant peu à peu un passage à travers le dernier lac avant la mer.
Alors là, il creusa. Nourri de ses espoirs et stimulé par son caractère farouche, il s'enfonçait dans les profondeurs. Un jour il sentit que le sol remontait. Il y jeta ses dernières forces. Evitant les gros blocs de granit il parvint enfin à la lumière, au sommet d'une petite montagne. Tout autour de lui, un paysage désolé, inquiétant, tel l'astre de la nuit, mais si beau.
Il descendit lentement, aperçut un panonceau, celui-là même contre lequel vous êtes actuellement appuyés : « Saint-Michel de Brasparts ».
Enfin s'éleva des tourbières une musique que le leprechaun connaissait : le son du diatonique et du violon…

Il fit souche dans cette région, et vous êtes certainement de ses descendants, les enfants.

mercredi 18 janvier 2017

J'AI


J'AI

J'ai une chance inouïe, je n'ai pas de frein :
Je n'ai plus peur d'écrire,
Je n'ai jamais eu cette liberté.
J'ai eu parfois des plaisirs en autres lieux;
J'ai souvent des déceptions.
Si j'avais plus tôt rencontré l'écume des mots
J'aurais eu plus encore le bonheur de mieux me connaître ...
Aurais-je enfin le déclic ?
Loïc

lundi 16 janvier 2017

Mascotte, mazette !


Mascotte, mazette !

- Bon, les gars, il va falloir se préparer : Aujourd'hui à nous la vedette, nous allons passer sur la plupart des chaînes TV européennes ! »
- Oh ! mais c'est vrai ! Et j'ai oublié de me shampouiner ce matin. Pas le temps maintenant, ça demande une heure trente, à cause de cette foutue apesanteur …
Tu pourras tout de même te raser, pour être présentable à ta petite famille !
Ça y est, compte à rebours, nous sommes en direct ! Pas de déception, d'accord, les gars : Nous savons que la priorité est donnée aux images extérieures, et non pas à nos frimousses !
Et une multitude de vidéos, plus stupéfiantes les unes que les autres, défilent dans tous les foyers des pays européens : Nos astronautes sont les héros du jour, ce jour tant rêvé et préparé avec tant de minutie.
Les images des appareils externes alternent avec les spectacles magiques, époustouflants, de l'Espace. Tout cela, bien sûr, soutenu par les commentaires avisés des astronautes et les explications des savants restés sur le plancher des vaches.
Thomas, le chef de bord, ne tarit pas de précisions techniques, entrecoupé par instants de réflexions personnelles du type « Nous sommes ici comme dans un bateau… D'ailleurs, on dit bien un vaisseau spatial ... ».
Éric, le caméraman du moment, propose de passer à des prises de vues de ses compagnons de voyage.
Un panoramique, d'abord, puis un retour sur les visages de ses compagnons, visages si chers à leur famille, même si on les devine à peine.
Zoom arrière. Le champ s'élargit, et vient cueillir les astronautes en plan américain, de la tête au bas du tronc. Soudain, Éric pose sa caméra :
« Mais tu es fou, Thomas ! Ce truc, là, c'est quoi ?
Le chef de bord bafouille, balbutie, bégaie comme un enfant pris le doigt dans le pot de confiture : « C'est… J'avais peur… Je ne savais plus comment faire passer ma trouille … Alors j'ai pensé à quand j'étais petit ... ». Dans la semi obscurité, il montre, mains tremblantes, une petite peluche, un petit lapin tout jaune car habillé d'un ciré Cotten de marin.
Tous les copains éclatent alors de rire :
« Bien joué, la mascotte, Thomas ! Mais… Tu le sais bien, pourtant : Pas de ça, à bord. *
On ne prononce même pas le nom, sur un bateau, de « celui aux grandes oreilles »…
Loïc. 
Ceci est ma participation à la proposition de la Communauté Miletune.
* : Le lapin est un animal maudit dans la marine et il est interdit de prononcer ce mot sur un bateau. Cette superstition vient de l'époque où les marins emportaient à bord des animaux vivants — dont des lapins — pour les manger pendant les longues traversées. Les lapins s'échappaient parfois et rongeaient les cordages ou la coque, provoquant des catastrophes à bord. En effet, autrefois, les cargaisons des bateaux étaient arrimées avec des cordes en chanvre. Des lapins échappés de leur cage pouvaient donc les ronger, provoquant le naufrage du bateau lorsque les caisses cognaient les parois dans les cales. De plus, sur les navires en bois, le calfatage des planches se faisait avec de l'étoupe de chanvre, que là aussi l'animal pouvait ronger, amenant des voies d'eau fatales.
  Le Parisien

samedi 14 janvier 2017

Un truc pas chouette...

"Le seul truc pas chouette c'est qu'au paradis, on va pas manquer de saucisses et de chips. Dieu ne veut pas qu'on ramène des choses d'en bas. Il a créé le paradis, donc c'est parfait … Point ! 
Et on en a pour l'éternité. "
(sur une proposition de la Communauté des Croqueurs de Mots)


Un truc pas chouette …

Pas top, pas top … c'est à voir. Pas de saucisses, ça ne me manquera pas ! Trop gras, surtout avec des chips qui sont toujours trop salées.
Mais pourquoi veillerais-je à ma ligne, au fait ? Au Paradis, ai-je encore un devoir de paraître et de plaire ? Ne me suis-je donc pas assez privé, dans la vraie vie ?
Bon, je ne dois pas me plaindre : Ce Dieu ne veut pas dans sa cuisine d'ingrédients venus d'ailleurs. Pas de mauvaise qualité, ni de concurrence.
Il a eu le nez creux, et a créé sa propre boîte, d'où il peut monopoliser et casser les prix. Ici, entre quatre murs, pas trop le choix sur les menus …
Enfin, ne pas me plaindre, encore, car Dieu est un cuistot – un maître-queux – sans pareil. Nous sommes tranquilles jusqu'à la fin de notre peine, au moins, nourris, blanchis...
Ne manquent que les femmes. Mais non : N'oublions pas qu'elles aussi font d'excellentes cuisinières.

jeudi 12 janvier 2017

Une femme qui m'a marqué ...


Une femme qui m'a marqué …

Sa voix chaude, souvent grave, pouvait aussi être profonde et pleine de chaleur humaine. Elle a enchanté mes études et mes rêveries solitaires à la maison. On l'entendait partout, à une période où les smartphones, MP3 et autres étaient du domaine de la science-fiction. Philips venait de sortir les mini-K7, un luxe pour la plupart d'entre nous.
Elle me semblait universelle, et il m'était inconcevable qu'elle puisse ne pas plaire. Je crois bien que j'en étais un peu amoureux… Non, j'en étais fou perdu !
Elle chantait les espoirs, les luttes que je rêvais de partager à deux.
Me revient à l'esprit un concert qui avait duré une bonne partie de la nuit, en direct à la radio durant le bombardement de Hanoï, que nous vivions en empathie totale, elle et moi.
Merci, Madame Joan Baez, pour ce moment inoubliable qui a marqué mes 18 ans, « au point de m'inciter à faire de gros efforts pour progresser en anglais » avait dit le prof !

lundi 9 janvier 2017

Une boîte, mais aussi ...

On a pu lire récemment, dans la presse locale 
du Sud-Finistère, l'information suivante :

En octobre 2016 : Une boîte, mais aussi un bar à strip-tease.

La zone de Troyalac’h*, aux portes de Q, va s’encanailler. Une discothèque et un bar à strip-tease sont en projet.
La société XXX, qui gère déjà le M à L, s’implante dans le Finistère. Elle reprend des locaux inoccupés, à proximité de l’entreprise FB, dans la zone de Troyalac’h à YYY.
Le projet, aux portes de Q, le long de la Nationale 165, est déjà bien engagé selon son gérant, qui pour le moment tient à garder l’anonymat. Les noms sont choisis. Ce sera la Chrysalide pour la discothèque et le Darling Strip club pour le bar à thème.

Les permis de construire, déposés mi-septembre sont en cours d’instruction. L’ouverture de la discothèque est prévue pour la mi-avril, au plus tard début mai. Il est aussi prévu que la discothèque accueille des « boums anniversaires », les mercredis et samedi après-midi, ainsi qu’un public plus âgé, deux dimanches après-midi par mois. La partie du bâtiment destinée au bar à strip-tease peut déjà accueillir du public et pourrait ouvrir avant la fin de l’année. Le bar fonctionnerait uniquement en semaine à partir de 20 h. Les deux établissements pourraient créer une quinzaine d’emplois.

*Précisions importantes :
1) La zone de Troyalac'h est une zone industrielle périphérique de la ville de Q.
2) "Troyalac'h" signifie, en breton, "Coupe-la-bourse". On peut en déduire que ce lieu était autrefois un endroit réputé pour être un coupe-gorge, un repaire de voleurs ou pire ...


Janvier 2017 : La société XXX projetait d’ouvrir un bar à strip-tease en fin d’année 2016, zone de Troyalac’h, à YYY. L’instruction du permis de construire est toujours en cours. « L’arrêté devrait intervenir avant le 15 février, date butoir après cinq mois d’enquête. Ensuite, nous pourrons commencer les travaux. Nous n’envisageons pas une ouverture simultanée des deux établissements avant mai ou juin », indique le propriétaire des lieux, Mr. X.

Alors voilà : Comme vous pouvez l'imaginer, cette info a fait un effet boeuf dans la région, pour des raisons évidentes OU NON. Et on a fait appel à des personnes compétentes pour donner leur avis sur ce sujet. Le problème (au moins pour moi) est que l'on m'a, dans le lot, désigné pour donner "mon accord" ou "mon veto".
Complètement désemparé, je viens vous supplier de m'aider, en me glissant, en commentaires, vos points de vue (sérieux ... ou moins !)
Humour permis et fortement suggéré, bien sûr. Merci d'avance.

jeudi 5 janvier 2017

"Le français est une langue animale"


Jean d'Ormesson s'est certainement beaucoup amusé, en écrivant ce billet d'humour :

«Myope comme une taupe», «rusé comme un renard» «serrés comme des sardines»... les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout.

La preuve: que vous soyez fier comme un coq, fort comme un boeuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l'autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.

Vous arrivez à  votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là , ... pas un chat!
Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.
Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l'a certifié: cette poule a du chien, une vraie panthère!
C'est sûr, vous serez un crapaud mort d'amour.
Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.

Vous êtes prêt à  gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive.
Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard.
Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu'une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine.
Une vraie peau de vache, quoi!
Et vous, vous êtes fait comme un rat.

Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe.
Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à  l'âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l'envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c'est selon).
Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.
C'est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce.
Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d'ours mal léché, faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.
Et puis, ç'aurait servi à  quoi de se regarder comme des chiens de faïence.
Après tout, revenons à  nos moutons: vous avez maintenant une faim de loup, l'envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d'autres chats à  fouetter.

Voici, d'après ce billet d'humour de Jean d'Ormesson : 
« Le français est une langue animale »

Gaie comme un pinson, elle chantait comme un rossignol à longueur de journée, même dans sa salle de bain, où, fière comme un paon, elle s'imaginait déjà en Présidente de la République.
Son frère était sorti un quart d'heure auparavant de la baignoire, nu comme un ver, rouge comme un homard. Il était temps, d'ailleurs, pour lui de prendre son bain, car il était arrivé puant comme un putois, moche comme un pou dans ses vêtements usés jusqu'à la corde, tant il était radin comme un rat, un hérisson dans la poche.
Il s'apprêtait à descendre à la cuisine, et à engouffrer, gourmand comme un goéland, deux ou trois baguettes de pain couvertes de beurre. Sa sœur lui avait reproché plusieurs fois de se goinfrer ainsi, elle avec son appétit de moineau, si ridicule. Il en gardait un chien de sa chienne…
Le frère et la sœur étaient comme chien et chat. Lui, donc, comme un agneau s'il faisait beau, devenait un ours mal léché par temps de froid de canard. Changeant comme un caméléon, il pouvait alors demeurer muet comme une carpe, ou se montrer féroce comme une hyène.
Elle, rieuse comme une mouette mais bête comme une poule, posait souvent des lapins à son amant pour s'amuser à lui chercher des poux dans la tête alors qu'il était endormi comme une marmotte, pour la sieste.
 Quelle vie de chien … !
Loïc