Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
Je serai ravi de lire vos commentaires : Merci !
Loïc

dimanche 30 janvier 2011

La "Porte Tourville"


La porte Tourville.

Tiens, c'est vrai, je m'appelle en effet « porte ». Mais je ne suis pas une porte ordinaire, en bois, dans une maison, servant uniquement - oserai-je dire « bêtement » ? - de passage, autorisé ou non, entre deux pièces. Non. Je suis une des portes majestueuses, métalliques, et même bien protégées - blindées, quoi ! - de l'arsenal de Brest, une des portes de la DCAN (« Direction des Constructions et Armes Navales »). On dit à présent : DCN (« Direction des Constructions Navales ») - on a sans doute rendu les armes... Mais tous les hommes qui me franchissent, matin et soir, continuent d'utiliser le fameux sigle de quatre lettres.
Je suis la porte Tourville, qui donne accès au bassin à flot, et, plus loin, aux « bâtiments en fer », ainsi nommés au temps où la plupart des navires étaient de bois, et où le fer était exception.
Tous les matins, à huit heures précises, une sirène me hurle dans la tête, et appelle vers les ateliers tous les arpètes, les ouvriers, les chefs de travaux, les contremaîtres… De temps à autre, pour la forme, les policiers maritimes postés à l'entrée réclament - au hasard, disent-ils - les papiers des travailleurs, et principalement la fameuse carte d'identité nationale. Car ici, point d'étranger : Tout ce qui se passe est strictement militaire, français, et secret…
Mais on m'a dit que beaucoup de pères aiment tout de même « percer les secrets », un petit peu, le soir à la maison, sous les demandes réitérées de leurs enfants : ainsi, Auguste a révélé à son fils Loïc qu'il a fois, en une seule semaine, démonté entièrement les moteurs d'une cinquantaine de Vélosolex, pour les nettoyer dans la machine à laver spéciale, avant leur révision… Secret d'État, n'est-ce pas ?
Le soir, à dix-sept heures trente, la sirène vient sortir de sa torpeur le quartier du Moulin à poudre, du côté de Kérinou, et des groupes sortent en grappe, trottant vers le bus, ou leur cyclomoteur, quelques-uns vers leur voiture. Certains s'attardent traditionnellement au bar « à l'abri de la tempête », désert juste avant la sirène, mais qui s'emplit alors en deux minutes…
Moi, je me referme lentement, sans jamais grincer (tout est parfaitement entretenu, ici, voyons !)
Le policier maritime, après un salut militaire, adresse un signe négatif au fils d'Auguste, qui espérait, son Nikon en main, garder un souvenir…

mercredi 26 janvier 2011

Après une séance de sophrologie en musique

Mots à la suite… Mots sans suite…
« Expectorer ses mucosités psychiques ».

Ce fut le premier effet, ô combien positif, de cette expérience ! Un maître, omniprésent : La Pureté.
Pureté de la musique, légère, cristalline, évoquant les danses sur lesquelles j’ai éprouvé le désir de m’exprimer. Ici, ce sont des lutins qui évoluent, des facétieux farfadets.
Et l’Eau ! Mon esprit est englouti, inondé, sous ces eaux, délicieuses, aux bulles minuscules qui viennent me masser, qui s’immiscent dans chaque cellule de mon corps, qui m’épurent, me redonnent naissance…
Un goût ravissant de menthe glaciale, céleste, envahit mon cerveau, les effluves gagnent mon front, mes fosses nasales, et je souris…
Pureté. Je me sens propre, libéré, accueillant, ouvert.
Je me suis dégagé de mes entraves.




lundi 17 janvier 2011

Chaud et froid, au bout du bout de mon pays ...


Au bout du bout de mon pays (j'habite en Finistère ...), nous avons rencontré, en fin d'année, les parents de la compagne de notre fils.
Chaleur de la rencontre, chaleur des soirées et des contacts enrichissants avec une nouvelle famille ...

A Yvoire (au bord du lac Léman), le contraste m'a impressionné : chaleur de la couleur de cet arbre, pourtant gelé, portant de lourds stalactites au-dessus du lac immobile, aux rives embrumées ...

vendredi 14 janvier 2011

"Mort sous X…"

Je l'appelais, presque affectueusement, mais sans rien lui en dire évidemment, « casquette à pointes ».
En effet, X… portait toujours sa casquette du genre baba cool ou groove ou je-ne-sais-mais-qu'importe, dont on découvrait l'originalité seulement quand on le voyait de dos : Sur la visière, d'énormes clous, du genre "de tapissier", traversaient le tissu pour donner à la coiffure une allure à la fois provocante, agressive, et très humoristique.
Il semblait vénérer sa casquette, car c'était à peu près la seule chose dont il prenait grand soin (sans oublier son chien, bien sûr). C'était, à coup sûr, son identité, sa marque de fabrique, son repère (son repaire ?)…
Je commençais à être vraiment en confiance avec lui, pour l'avoir rencontré plusieurs fois, toujours au même endroit, par tous les temps et en particulier durant ce début décembre 2010, en période de « plan grand froid ».
Je viens d'apprendre qu'à la suite d'une infection non soignée, il a dû être opéré. Son organisme était si mal en point que le coeur « n'a pas supporté ».
Il avait 30 ans.
J'aurais bien voulu qu'il m'explique : pourquoi ces pointes ? ...

lundi 10 janvier 2011

JOUR DE PLUIE.

 Dehors, l'orage grondait et je n'imaginais pas encore que la porte s'ouvrirait si violemment...
Il pleuvait sans cesse, cette nuit-là. En ces temps reculés, le bitume n’avait pas envahi la ville, et les roues ferrées de la carriole du docteur avaient résonné sur le pavé, jusqu’en haut du beffroi, dont les cloches sonnaient à toute volée…
L’eau dévalait, sans obstacle, en trombes ininterrompues, lessivant les immondices déversés par les fenêtres depuis tant de jours. Une eau purificatrice, rénovatrice, libératrice, qui annonçait un jour nouveau, un évangile…
Des femmes accouraient des maisons voisines, couvertes de leurs chaperons, ralentissaient devant l’échoppe qui exhalait des relents de poisson, puis pénétraient, voûtées, dans la solide demeure. Elles en ressortaient, et restaient quelques instants, échangeant à voix basse des commentaires…
Au dernier étage, où les fenêtres des maisons se rejoignaient presque, sur une couche grossière, sous le toit qui crépitait sous la pluie, des femmes se pressaient encore, portant à deux ou trois les énormes baquets de la poissonnerie, emplis d’eau chaude… Le docteur, mystérieusement, s’affairait…
La pluie redoubla. La femme poussa un long cri rauque, se souleva en une ultime contraction, brutale, puis retomba lourdement sur le matelas, faisant naître des nuages de poudre blanche....
Je venais au Monde.

samedi 8 janvier 2011

D'après MATISSE: "Le silence habité des maisons", 1947.


MATISSE: "Le silence habité des maisons", 1947. Magritte.jpg
Un petit vent chaud souffle au dehors, et les branches légères bruissent, accompagnant le froufrou des pages du gros livre de l'enfant. La mère, derrière le muretin en briquettes rouges de la cuisine, observe, et écoute . Le père et son fils dialoguent à voix basse, dans la fraîcheur du salon bien ombragé.
L'enfant feuillette une anthologie de poésie. Aujourd'hui, ils ont choisi l'Espagne. Le père parle doucement de Federico Garcia Lorca, puis se perd un peu dans des digressions sur la littérature portugaise, les textes de fado, les chansons d'Amalia Rodriguez.
Retour dans l'Espagne de Paco Ibanez, de Cervantès, de la Valle de los Mortes, du Caudillo Franco... Puis tout se mêle, et le père raconte quand l'enfant, à Tolède, courait en pleurant derrière le car des touristes, qui ne voulaient pas de ses abricots.
Autour d'eux, pas de décor, rien. Nul besoin. Tout est imagination, rupture avec le réel, plongée dans la page. L'enfant hésite entre pleurs et sourires, car le discours de son père vacille aussi du rire aux larmes, de la nostalgie à la joie simple. L'enfant ne dit presque rien. Il approuve de la tête, ou alors ses yeux posent les questions. Il pousse parfois un petit cri de plaisir, ou pouffe doucement.
Ensuite, Pablo et Orlando, les deux Manouches, "s'écouteront", comme ils disent, un Django Reinhardt...

lundi 3 janvier 2011

"Je voudrais bien ..."

"Mon" association (je veux dire : l'association qui a été pour moi une précieuse béquille, durant de longues années, organise régulièrement des manifestations de soutien aux malades du cancer et à leur entourage. Je tiens à rendre hommage ici au travail des bénévoles d'Entraide Cancer en Finistère, sans qui je n'aurais sans doute pas tenu le coup ...


Au plus fort de la déprime : un texte, un cri craché, un matin de 2004

Je voudrais bien…
… Je voudrais bien ne pas croire aux fantômes… Mais Lui, il est là, Il ne laisse pas le choix. Il m’a choisi comme d’autres, choisi en victime, parmi d’autres, avec d’autres… Sa force : Nous ne nous connaissons pas. Anonymes. Solitaires. Tabous. Silencieux.
Taisons-nous, d’ailleurs ! Car si nous clamons notre envoûtement, on va nous accuser, ou nous envier… car nous « claironnerions » notre malédiction !
Je ne sais pas, pas toujours, que Tu es là, et c’est ce qui me donne ce répit qui me laisse le loisir de l’Echappatoire.
Cancer, je Te hais de te foutre de mon Blues.

dimanche 2 janvier 2011

A la manière de ... Raymond Queneau !

 Après une soirée de Réveillon un peu "folle" (?) ... :

Nous avons en main deux "prétextes à écrire": cette photo (randonnée à la Réunion) et des extraits des "Exercices de style", de Raymond Queneau... Et nous devons jouer avec les sons U et L...
comme Queneau nous en montre l'exemple:




…à la manière de… Raymond Queneau (« Exercices de Style »)


Homéotéleutes

Dans cette ûle granduscule de La Réuniule, un funambule ridicule gesticule, minuscule, sur son échule en alule…
« Mais… Gudule, que fait-ul ? s’écrie sa copule Ursule, pleine de scrupules. Pourquoi as-tu voulule de ces rondules moussules et dangerules ? Mais… Il va se casser la gule, cet idiule ! Mes chevules s’en dressent sur ma tule ! »
Dans cette ûle de La Réuniule, ça c’est sûle, rien ne se passe comme en Métropule…