Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
Je serai ravi de lire vos commentaires : Merci !
Loïc

dimanche 19 décembre 2010

Récréation ...

Un souvenir d’école : le moment de la « récitation », d’après le poème de René-Guy Cadou : « Odeurs des pluies de mon enfance ».
Les grands sont, selon leur habitude, entrés les premiers en classe, nous bousculant dans l’escalier et le couloir. Nous, nous suivons calmement, et nous nous installons, bien gentiment… Il ne nous manque que l’auréole au-dessus de la tête…
Alors, M. Appriou déclare – et c’est pour moi un des meilleurs instants de la semaine - : « Récitation ! ». Il rejoint sa place favorite, au fond de la classe, près de l’armoire, et allume un poste de radio en plastique blanc, tout en formes arrondies, « La Voix de son Maître »… Et nous devons, les mains à plat sur nos tables, écouter les modèles de diction, avec des exemples, et nous nous exerçons, sur commande, à répéter. Et défense de sourire !
M. Appriou a une voix curieuse, métallique, presque celle d’un robot. Il a été opéré d’une maladie dont nous ne savons rien… et, en plus, il est totalement sourd, malgré son appareillage. Il y a longtemps que nous nous en sommes aperçus et, d’un commun accord tacite, nous faisons tous avec, c’est à dire que je ne me souviens pas avoir connu un maître plus respecté, plus aimé, et même, quant à moi, adulé à un point qu’il fut un modèle…
Puis c’est le tour des volontaires, pour réciter. Moi : toujours ! Déjà le goût du théâtre, peut-être, ou du Grand Guignol ?
« La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, de Jean de La Fontaine ». Je l’adore, cette grenouille ! Je la fais vivre, je la vois, je la fais grossir, et je déclame, sans parler fort – ça ne sert à rien ! – mais avec vigueur, gestes, et grimaces ! Je m’identifie à la bestiole, et, au moment où j’explose, je parviens à donner à tous l’illusion de projeter toutes sortes de débris grenouillesques sur les murs de la classe, et M. Appriou, suprême hommage, éclate de rire en applaudissant…
La plus belle minute de ma semaine vient de passer, les autres élèves – mes rivaux ! - vont à présent égrener leurs sempiternels Emile Verhaeren, ou Maurice Carême , qui me font bailler…
J’ai revu mon maître, quelques années plus tard. Il était en retraite, se souvenait bien de moi et de ma grenouille, ce qui me flatta beaucoup.
Moi, je m’apprêtais à « reprendre le flambeau », selon son expression… Mais la radio scolaire n’existait plus.

J'ai écrit ce texte en 2004. Je suis appareillé, moi aussi, à présent, d'aides auditives ...

samedi 18 décembre 2010

"Décrire un objet sans le nommer" ...

"Décrire un objet sans le nommer" était la consigne pour notre "travail" en atelier ...
(Défense de cliquer tout de suite sur le titre de ce message !)

Que serais-je sans toi, compagnon si fidèle ! Tu es comme l’eau, dont on ne réalise l’importance que lorsqu’elle est absente. Tu m’éveilles chaque jour, m’ouvrant les yeux à la vie, aux petites broutilles comme aux grands drames.

Tu es vivant, né du noble bois qui est ton essence. Vivant de la voix des personnages qui t’animent, des icônes où je retrouve mon entourage familier. Tu es éphémère et permanent tout à la fois.

Ton esprit, ta ligne de pensée sont omniprésents et reconnus. Les auteurs et les responsables de ton existence sont présents sur la place publique, appréciés, et l’intérêt de ton existence réside dans les affrontements que suscitent leurs actions.

Tu es furtif, et vite rejeté, obsolète, et tu termineras ta vie dans une poubelle ou un barbecue. Tu es symbole de liberté, de tolérance, d’humanisme, et tu luttes, par ta seule présence, contre tous les autoritarismes et les autodafés.

De l’horaire des marées à la critique littéraire en passant par les mots croisés, la vie associative et les débats politiques, tu es source de vie sociale, de créations d’emplois, de relations humaines.

Cinq heures trente, tous les matins, même le dimanche : Le cyclomoteur ralentit, "le Télégramme" tombe dans ma boîte aux lettres. Le café peut fumer, la journée peut commencer !

Loïc R.

lundi 6 décembre 2010

Un rêve de Noël: Voyage...

Alex*, depuis plusieurs nuits, était très perturbé. Des grelots, des tintements, le tenaient éveillé, et l'image d'un gros bonhomme rouge, au visage bouffi de « bon vivant », l'obsédait.
Il n'avait jamais aimé le Père Noël, ni tout ce qui gravitait autour de lui, car ses parents l'avaient éduqué dans la conviction que l'on ne doit pas mentir aux enfants... Mais alors, pourquoi ce mythe revenait-il le chatouiller, chaque nuit? Avait-il, peut-être, quelque chose à se reprocher? Le Père Noël – en admettant, tout de même, quelque part, qu'il existât - avait-il eu vent du fait qu'Alex affirmait à tous ses copains sa non-existence?
Il allait en avoir le coeur net. Un soir, avant de monter se coucher, il emprunta le caméscope de son papa, vérifia que celui-ci était bien équipé d'une cassette de longue durée, et que la batterie était bien rechargée... Il camoufla l'appareil sous son oreiller, un doigt sur le bouton, puis attendit. Combien de temps?.... Il s'était endormi, ayant eu au dernier moment le réflexe de mettre en marche... Le matin, il n'avait rien vu, ni entendu.
Il sauta du lit, évidemment, brancha le caméscope sur le téléviseur, et... le monde entier commença à défiler devant lui! D'abord, sa chambre, où on le voyait dormir à poings fermés, puis sa maison, sa rue, sa ville, survolée – en traîneau, très certainement – au son tintinnabulant de grelots aigrelets. Puis, une grosse voix, à la fois sévère et tendre: « Nous nous trouvons actuellement au-dessus du pont de Tancarville, et nous nous dirigeons vers les Açores. Voici à présent Fort-de-France, puis Cap Kennedy... ». Tout se passait à une vitesse fulgurante.
Un bruit, soudain: Papa, derrière le canapé, ouvrait la porte.
- « Mais que fais-tu là? Déjà levé? Et tu as encore allumé la télé! Eteins ça, tout de suite!
- Mais, papa... bredouillait-il, les yeux écarquillés... Rembobine la cassette, et regarde...
- Quoi? dit le père. Tu divagues, ou quoi? »
Après quelques instants, le père d'Alex, par curiosité – tout de même! - a remis la cassette en lecture. Durant vingt minutes, il n'a pu voir qu'un scintillement d'étoiles, comme sur les écrans de veille d'ordinateurs, avec une bande-annonce qui défilait imperturbablement:
« Réservé aux enfants - Réservé aux enfants - Réservé aux enfants - Réservé aux enfants... »
* : Mon prénom a, bien sûr, été changé ...
Mais je vous assure que c'est bien moi qui ai rêvé !

vendredi 12 novembre 2010

D'après MATISSE: "Le silence habité des maisons", 1947.

  - MATISSE: "Le silence habité des maisons", 1947. 
                   - Audition de "Dialogue", de l'album "Ballade à la Lune", de Michel SQUEREN. Magritte.jpg
Un petit vent chaud souffle au dehors, et les branches légères bruissent, accompagnant le froufrou des pages du gros livre de l'enfant. La mère, derrière le muretin en briquettes rouges de la cuisine, observe, et écoute . Le père et son fils dialoguent à voix basse, dans la fraîcheur du salon bien ombragé.
L'enfant feuillette une anthologie de poésie. Aujourd'hui, ils ont choisi l'Espagne. Le père parle doucement de Federico Garcia Lorca, puis se perd un peu dans des digressions sur la littérature portugaise, les textes de fado, les chansons d'Amalia Rodriguez.
Retour dans l'Espagne de Paco Ibanez, de Cervantès, de la Valle de los Mortes, du Caudillo Franco... Puis tout se mêle, et le père raconte quand l'enfant, à Tolède, courait en pleurant derrière le car des touristes, qui ne voulaient pas de ses abricots.
Autour d'eux, pas de décor, rien. Nul besoin. Tout est imagination, rupture avec le réel, plongée dans la page. L'enfant hésite entre pleurs et sourires, car le discours de son père vacille aussi du rire aux larmes, de la nostalgie à la joie simple. L'enfant ne dit presque rien. Il approuve de la tête, ou alors ses yeux posent les questions. Il pousse parfois un petit cri de plaisir, ou pouffe doucement.
Ensuite, Pablo et Orlando, les deux Manouches, "s'écouteront", comme ils disent, un Django Reinhardt...

lundi 8 novembre 2010

C'était pour rire : Vous voyez bien que j'aime les chats !

Excuse-moi, Chat,
d'avoir encore une fois 
calomnié ton espèce ...
C'était pour un exercice d'écriture,
un de ces lieux où l'on doit "pondre" un texte 
en un temps donné, vite même,
trop pour être honnête.
Trop pour éviter de faire du mal, 
sans le vouloir, sans que jamais 
l'on vous le dise ...

Excuse-moi, petite fille de Kaly, 
ne déchire pas ton origami :
Ton Chat à toi
vivra toujours dans ton coeur.

dimanche 7 novembre 2010

Pour mieux me connaître, un cri du coeur ... : "JE HAIS LES CHATS" !


Je hais les chats !!!

Fi de ce maudit
Petit Mistigri
Trop nourri par mon ami Mimi !
Il me fixe, le perfide !
Mi, mi, mi, ah, où a filé ce tigre
Qui a commis son pipi, tel un Mississipi,
Sur mon tapis ?
Hier, aujourd’hui, je pâtis,
Sans répit, de vider
Mille litières ennemies et honnies…
Si je le saisis, il vibre,
Electrique, excité, hirsute,
Irradiant, ridicule…
Hi, hi, hi, Hallali
Sur ce Raminagrobis haï !

Loïc Roussain, novembre 2002.

mardi 2 novembre 2010

Ma famille, dans un arbre !

Ma famille, dans un arbre !

Aussi loin que remonte mon arbre généalogique, je trouve une véritable panoplie de marins ou d’ouvriers du port militaire de Brest : calfats, menuisiers, cordiers, voiliers,… Il aurait donc été logique que j’exerce, moi aussi, un métier maritime, mais ce n’est pas du tout le cas. J’ai tout de même hérité de mes ancêtres l’amour de la mer.
Dans la branche maternelle de ma généalogie, on trouve des pêcheurs de Terre-Neuve, et un armateur du temps de François Ier, Jehan Ango, qui tint tête aux Anglais lors du siège du port de Dieppe. J’ai pu visiter le port de Saint-Valéry-en-Caux, d’où il était originaire, et cela m’a beaucoup rapproché de lui. En effet, je vis actuellement comme si j’en avais un souvenir plus proche, plus vivant…
Quelques autres personnages surgissent de mon arbre : Le boulanger, « rescapé de la Bérézina », le médaillé de la guerre de Crimée, le bagnard de Cayenne… J’aimerais pouvoir obtenir davantage de renseignements sur ces existences hors de l’ordinaire, et je me sens un peu fier de compter ces « gens » dans ma famille, à laquelle ils ajoutent un piquant intéressant !

On peut accéder à mon arbre généalogique grâce à ce lien :



Q U I L A P A J U N


"Quilapajun" : un nom de groupe musical, mais, bien plus, un cri, un appel, une lutte des années 70 ...
Pour moi, "adultescent" à cette époque où le mot n'existait pas encore, les luttes au Chili étaient très présentes. je les vivais au jour le jour, je souffrais avec Victor Jara sur l'arène ...
Agnès avait connu un des membres du groupe, victime des événements. 
Bien plus tard, dans son atelier d'écriture, elle nous soumit un jour un dessin (illustrant une pochette de disque des Quilapajun), nous invitant à nous exprimer à leur sujet ...



Q U I L A P A J U N


Fureur du rêve.
Fureur de la révolte.
Notre fureur est juste,

Nous aurions le droit,

Le devoir, de la violence.

La mer est rouge

Comme notre cœur,
Violenté, écorché,

Torturé,

Indécence écarlate

De la colère explosive.

Je valserais les mots

S’il fallait les valser,

Mais la voix du bandonéon

Expire lentement,

Impuissante.

Les martyrs ont souvent

Le cœur en sang,
Le sang aux yeux

Les yeux en larmes.

Creuse, Petit, et n’oublie pas :

Sous le sable des plages, sous le sable des stades

Encore, et toujours, du sang.

Chants de vie ,
D’espoir, de justice,

Jamais ne seront vains.
 
Loïc Roussain, 2003.

dimanche 31 octobre 2010

Merci, Monsieur Leprest !

J'ai vécu l'autre soir, dans mon "patelin", une soirée étonnante. Je ne connaissais pas Allain Leprest. Mais il allait venir faire un récital, ici, près de Quimper ! Nous avons réservé nos places, nous fondant sur la (très bonne) réputation de "Ty-Théâtre" pour ses programmations ...
Allain Leprest déteste le pathos. Moi aussi. Mais je dirai tout de même que j'ai fini la soirée en larmes. Peut-être parce que je suis un gosse (comme lui ?)
Merci, Monsieur Leprest.

samedi 30 octobre 2010

Premiers disques.

 En guise de premier texte, voici ... "le premier cadeau" que j'ai fait ! J'ai écrit ce texte dans le cadre d'un atelier d'écriture auquel j'ai participé pendant quelques années, à un moment de ma vie où, sans être encore retraité, j'avais énormément de temps libre à occuper ... Le sujet du jour était : "Le premier ..."

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Premiers disques

       J’avais rapporté de chez ma tante, après son décès, un électrophone, énorme engin qui trônait chez elle près d’un antique phonographe à manivelle. Le « Voix de son Maître », à trois hauts-parleurs, servait jusque là à passer uniquement des disques de musique classique, que j’étais le seul des enfants à réclamer. Il fallait, en effet, ne pas bouger, rester assis, pour éviter de faire sauter le bras sur le précieux 33 tours « Deutsche Grammophon ».L’électrophone fit donc le trajet sur le porte-bagage de mon Solex, et fut installé dans la chambre des garçons. Puis, pour varier le répertoire musical, je décidai, puisque Noël approchait, de rassembler mes économies pour faire (pour la première fois) un cadeau à mes parents : un disque ! Problème : Je n’avais aucune idée de leurs goûts en ce domaine, en dehors de Tino Rossi, en ce qui concernait maman. Je fis rapidement l’impasse sur l’achat d’un 33 tours : trop cher ! Je fouillai alors, longtemps, dans les bacs des magasins des deux rues principales de Brest, hésitant sans cesse, me décidant, puis remettant l’objet en place… Puis je craquai enfin sur le disque idéal : La chanteuse, maman l’aimait bien. Le thème, c’était pour papa. Et allons-y, pour « Paris brûle-t-il ? », par Mireille Mathieu ! « Que l’on touche à la liberté, et Paris se met en colère… » Tout le monde, à la maison, connut très vite les paroles par cœur ! C’était un plaisir de voir mes parents qui écoutaient, appréciant autant l’originalité du cadeau que la musique.A cette époque, on comparait souvent Mireille Mathieu à Edith Piaf. Le verdict de ma mère était invariable : « Piaf chante mieux, mais Mireille est plus gentille, et de meilleure éducation… »Le premier disque que j’ai acheté n’était donc pas pour moi…Un peu plus tard, je parvins à m’offrir un 33 tours de Léonard Cohen, puis un double album (quel luxe !) de Paco Ibanez, et, encore à mes parents, « Non ho l’eta », de Gigliola Cinqueti !