Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
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Loïc

jeudi 24 novembre 2016

Tout petit, déjà ...

Tout petit, déjà, quand je n’étais encore qu’un petit mot
j’étais persuadé d’avoir un grand avenir… » 

"...d’avoir un grand avenir." 

Mon père m’avait fourré cette détermination dans le crâne ; il était bouffi de certitudes, ne supportait pas la contradiction, et très fièrement me surnommait toujours « mon p’tit gars ». Ce mot était magique, pour lui comme pour moi.
Mais pour lui, « un gars ce n’est pas une fille » ; très rétro, il était coincé dans ce système de pensée que ma mère avait renoncé à modifier.
Machiste, misogyne, il l’était et le resterait. Ma mère répliquait parfois à ses provocations : « On ne discute pas avec un vieil imbécile, car aucune chance de le rendre intelligent ! »
Belle ambiance à la maison !
Il en collait, du « p’tit gars », à toutes les sauces. Il m’avait d’office confié une mission : Je devais transformer le p’tit gars en homme. Mais je n’ai jamais bien compris en quoi consiste ce qu’il appelait un homme… Quelqu’un de grand ? de fort ? d’intelligent ? de puissant ? Un Superman, autrement dit ?
Ces soirs-là, lorsque le visage du père était bien rougi par l’emportement et la rage, le p’tit gars se recroquevillait dans un coin de la salle ou au fond de son lit, et commençait à pleurer, en cachette bien sûr car c’était évidemment un des premiers interdits de la maison.
Je fus tout au long de ma scolarité tourmenté, torturé même, obsédé par le désir de « réussir », comme il disait. Mot magique, « réussir ». Ou plutôt maléfique, empoisonné car il me pourrissait l’existence, me traumatisait, me harcelait, non pas parce que j’échouais souvent, mais parce que je ne parvenais pas à lui dire non. A enfin lui désobéir.
Puis je fis un jour connaissance avec un projet d’entreprise de menuiserie-ébénisterie. Je m’étais découvert la passion du travail du bois, et on m’avait affirmé qu’en Scandinavie on n’en manquait pas : Je serais facilement pris à l’essai après l’obtention d’un C.A.P. Je gravirais les échelons, au nez et à la barbe de mon paternel. Je pris bientôt l’avion pour Oslo, et en solo s’il vous plaît !
Je grimpai assez rapidement au poste de « patron » de cette entreprise prospère.
Alors… « Merci, papa ? »
Une précision, pour les personnes qui me connaissent et me lisent : Ce texte n'est d'aucune façon autobiographique.
Ce n'est donc pas du tout "du vécu" !

  1. Loïc

8 commentaires:

Martine 85 a dit…

J'ai aimé ce petit gars qui réussit à faire ce qu'il lui plait. Toujours un plaisir de te lire. Bon week-end.

Tmor a dit…

J'aime bien cette autobiographie fictive. Très crédible.

emma a dit…

pas de vécu,OK, en tout cas une belle fable qui fait du bien !

Quichottine a dit…

Superbe !
Si tu n'avais pas précisé, j'aurais pensé à du vécu.
Tout est tellement vrai !
Passe une douce journée Loïc.

Jeanne Fadosi a dit…

tu fais bien de préciser, ce texte sonne tellement vrai !
belle fin de semaine

Loïc Tizef a dit…

merci, Jeanne : "ce texte sonne vrai", c'est exactement ce que je voulais faire ! J'y suis donc parvenu...
Loïc

almanito a dit…

Ha oui, ça sonne très vrai à un tel point que je me posais des questions sachant que tu étais enseignant! Et comme j'aime bien te lire, j'aurais aimé que tu développes un peu plus!
Pour le reste, merci papa, certainement! l'éducation à l'ancienne malgré sa rudesse formait les caractères, ce qui n'empêchait pas l'amour.

AG86 a dit…

Bonjour,
Sans la mention finale, je resterais persuadé qu'il s'agit d'un texte autobiographique tant les mots sonnent juste. Finalement, la méthode paternelle a réussi, mais à quel prix...
Bien à toi
Alain