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Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
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Loïc

mercredi 13 avril 2016

Quelle démocratie demain ?

 Après la légèreté du 1er avril ... et une pause "santé et famille" : Un sujet (brûlant) de société.
Vos avis et commentaires seront les bienvenus !

 (Revue de presse du Télégramme, 12/04/2016)

  12 avril 2016 / Propos recueillis par Gilles Carrière /


Albert Ogien. Quelle démocratie demain ?  
Mouvement des Indignés, « Nuit debout », Pegida... le sociologue Albert Ogien, directeur de recherche au CNRS, évoquera « Les nouvelles formes de mobilisations citoyennes » la semaine prochaine dans le cadre de la Liberté de l'esprit.
Interview.

En Occident, on a assisté ces dernières années à des tentatives de reconstruction, à la base (Occupy Wall Street, les Indignés...) du modèle démocratique. Faut-il y voir une nouveauté ou tout simplement la résurgence d'une tradition qui s'était déjà manifestée avec les Gracques sous la Rome antique ?
L'histoire est certes un éternel recommencement, mais elle ne se répète pas deux fois à l'identique. Il existe, depuis l'origine de la Cité, une lutte incessante entre dominants et dominés, entre gouvernants et gouvernés. Elle prend, à chaque époque et dans chaque situation, une tournure différente. Il semble que nous soyons entrés dans une période où la forme de démocratie représentative qui s'est imposée en Occident au lendemain de la Seconde Guerre mondiale doive être profondément repensée. Ce qui est nouveau dans cet antique combat de Gracques, c'est aujourd'hui l'exigence d'une extension des droits des citoyens en matière de décision politique ? non pas de participation, mais bien de détermination concrète des problèmes publics et de la manière dont il convient de les résoudre. C'est cela qui se manifeste sur les places, de Madrid ou New York hier, à Paris et ailleurs aujourd'hui.

Comment interprétez-vous le mouvement « Nuit debout » initié il y a peu à Paris ?
La Nuit debout reprend la forme d'action politique qui s'est inventée lors des occupations de places des années 2011 ? de Tunis à New York, de Sanaa à Ouagadougou, d'Istanbul à Hong Kong. Cette forme, c'est le rassemblement, c'est-à-dire la construction d'un espace ouvert et livre de débats et de vie collective, qui s'organise en dehors des partis et des syndicats, et qui vise à donner corps à la puissance des citoyens ordinaires. Un bel exemple en a été la Puerta del Sol à Madrid, qui semble avoir frappé les esprits puisque c'est celui qu'on cite toujours en modèle. Pourtant, ceux qui ont conçu et organisé le campement de la République ne s'en revendiquent pas. C'est peut-être qu'ils n'envisagent pas la suite de l'affaire comme la construction d'un Podemos à la française. Pourtant, je ne suis pas sûr que cela serait un mal en considérant ce qui se passe en France à la gauche de la gauche.

Que penser, à ce propos, des zadistes ? Les méthodes musclées dont ils font parfois usage peuvent-elles être s'inscrire dans le fonctionnement d'une démocratie apaisée, en apparence du moins ?
En apparence, vous avez raison de le dire ! Je crois qu'il n'est pas inutile de rappeler que les réponses musclées de zadistes sont souvent des réponses à des actions musclées qui sont menées contre eux. On peut aussi se poser la question de savoir ce que serait une démocratie ?apaisée? : un espace public où les conflits d'intérêts ne s'exprimeraient plus, où les manières différentes de concevoir le bien commun et sa réalisation auraient disparu, où une seule façon de conduire les affaires publiques s'imposerait sans débat ? C'est sans doute ni souhaitable ni possible. La démocratie vit des oppositions entre orientations concurrentes. Et il arrive parfois qu'une question provoque des affrontements qui ne sont pas que verbaux. Le monde paysan sait de quoi il retourne. L'apaisement qu'offre la démocratie, c'est celui que permet le fait de s'accorder sur nos désaccords sans que cela ne remette en cause la cohésion et la solidarité. C'est pourquoi il faut toujours faire vivre le débat ? même s'il est un peu musclé.

Association "La liberté de l'esprit", conférences et débats, Quimper : http://www.lalibertedelesprit.org/
Pratique
Conférence le 20 avril, à 20 h, à l'hôtel Mercure, Quimper. Entrée : 6 € et 8 €.
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