Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
Je serai ravi de lire vos commentaires : Merci !
Loïc

vendredi 22 avril 2016

Je n'oublierai jamais.

Je n'oublierai jamais.

Je n'oublierai jamais le petit cadre carré en plastique de couleur crème, seul ornement du mur de ma chambre, juste au-dessus de mon lit, avec son petit « Jésus chérubin ». Je lui faisais chaque soir un baiser, après ma prière. Je disais « la photo du jus », et ma mère riait. Je pouvais alors m'enfoncer sous les draps, après le rite du « faire un trou ». 
Je n'oublierai jamais le carillon des billes qui s’entrechoquaient sur la cour de récréation, ni les courses cyclistes des capsules, parées du drapeau du pays des concurrents. Mon idole était un certain Rudi Altig, parce que j'aimais bien son nom. Les copains ne l’aimaient pas, et me reprochaient d’aimer un Allemand.
Je n'oublierai jamais le grammophone de ma tante. Nous avions le droit de le mettre en marche, en tournant la manivelle, la reprenant lorsque le disque ralentissait. Mais défense de marcher auprès de la machine, dont le gros bras, très lourd, pouvait causer des rayures. Puis cet antique grammophone fut dépassé, et c'était tant mieux car il ne pouvait accueillir que des 78 tours, et presque uniquement des airs d'opérette : La période yéyé avait débuté, place aux tourne-disques !
Je n'oublierai jamais que mon père prenait des airs de conspirateur, arborant son petit sourire malicieux lorsque s’approchait la période de Noël. Je n'ai su que bien plus tard qu'il pouvait, pour l'occasion, utiliser des chutes de plaques de métal à son travail. Le Père Noël m’offrit alors un superbe Tôlé Citroën, comme un vrai, à l'échelle, un grand comme mon bras, gris, avec sur le flanc les lettres DCAN. J'y pense aujourd'hui en regardant le feuilleton « Louis la Brocante »…
Je n'oublierai jamais que j’ai appris seulement le jour de sa naissance que mon petit frère venait d’arriver. Ces choses-là ne se disaient pas. Je ne m'étais rendu compte de rien…

Je n'oublierai jamais ?

Loïc
Enregistrer un commentaire