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Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
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Loïc

jeudi 15 octobre 2015

Gamelles



Gamelles.

Eneos, égayé par le délicieux engourdissement dû au poiré rituel du midi au moment de la pause casse-croûte, pose burin et marteau, s’assoit sur le roc qu’il a déjà bien entamé.
Il ouvre – une des meilleures minutes de la journée – sa gamelle métallique. Ah ! cette gamelle ! Elle est son objet familier, intime, reçu en cadeau de son père, le dernier jour de sa période de formation de tailleur de pierre.
Un merveilleux fumet de purée de pommes de terre envahit ses narines. De la purée, seule ? non, bien sûr : Sa chère Anita lui a préparé ce matin une belle viande en sauce, bien revigorante et qui « tient bien au corps » … Bourguignon, kebab, coq au vin, peu importe, Anita est un cordon bleu hors-pair. Er c’est certainement excellent, et si bon pour le moral.
Alors, stop à la poussière de la pierre ; et puis aujourd’hui c’est vendredi, demain son outil sera la raquette, le tournoi de tennis avec son copain Yanis.
Mais tout cela serait trop beau. Dans ce coin de Grèce (comme dans tout le pays d’ailleurs) les villages sont envahis de chiens et de chats, qui n’appartiennent à personne, et qui sont donc les animaux de toute la communauté, nourris et soignés par tout le monde.
Un chat est apparu, s’est approché de la gamelle posée sur les genoux, il a sauté … Tout est à terre, et sur le pantalon …
Eneos en pleurerait. Non pas à cause du gâchis de la nourriture, mais pour la sortie violente de son joli rêve quotidien. Sa déception est immense, il enrage. Le baba au rhum du dessert ? il le jetterait bien à la tête de ce foutu gros chat.
Au dîner, ce soir, il tentera sans doute de se remettre du cœur au ventre, grâce à une bonne rasade d’ouzo. Mais … ce ne sera pas pareil …

Loïc
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