Ecrimagineur

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
Je serai ravi de lire vos commentaires : Merci !
Loïc

vendredi 18 octobre 2013

Rêve d’enfance …

 



Rêve d’enfance …
Parfois, un paquebot faisait escale au « Pordeu » (le port de commerce de Brest), pour une visite touristique de la région, et je m’attardais, oubliant souvent l’heure, devant les passerelles, les bastingages où passaient de beaux messieurs en livrées d’un blanc immaculé : les stewarts.
Je jouais à deviner le pays d’origine du navire, observant l’allure et les visages de ces hommes, puis du nom sur la coque, et enfin (mais trop facile !) le pavillon arboré à la poupe.
Comme beaucoup d’enfants nés dans un port, je rêvais de la mer, tel Marius dans la trilogie de Pagnol, et l’imagination m’aidait bien rapidement à être dans la peau d’un de ces stewarts au zèle professionnel, au service de personnes fortunées, qui passaient leur vie à bord, traversant les mers du globe. Et, bien évidemment, j’étais royalement reçu, dans les ports les plus prestigieux … Enfin, je ne pouvais pas résister – et ne le tentait d’ailleurs pas - au prestige de l’uniforme !
Or : Je me souviens qu’un jour nous devions, en classe de CM2, évoquer la
profession de nos rêves. Aussitôt, j’avais répondu : « Stévard ! », ignorant la prononciation anglaise. Le maître, bien sûr, avait souri … Je corrigeai donc immédiatement le tir en m’exclamant : « Non ! instituteur ! »
Et le maître de rire : « Ah, ce n’est pas la même chose, dis donc ! » Dès lors, stewart devint la profession du rêve, et instituteur celle de la sagesse …
Loïc, juin 2006

mardi 15 octobre 2013

Nostalgie, quand tu nous tiens…


Paniers gourmands



Aujourd’hui, c’est jeudi, et grand-père nous fait faire la promenade de ce jour sans école. Après avoir tiré son panier à roulettes dans les divers commerces du quartier, nous finissons par la boulangerie-pâtisserie. Nous admirons les petits pains que nous aurons le droit de savourer tout à l’heure, puis c’est enfin le moment des friandises. Chacun d’entre nous reçoit 50 francs (de 1959, bien sûr !) à dépenser comme bon lui semblera. Mini-meringues, souris en chocolat, roudoudous, pschitt acides, et surtout la merveilleuse pastille Valda, le « bonbon-tue-rhume ». Nous allons alors déposer notre petit panier dans la main de la boulangère, qui peut faire patiemment les comptes…
Une fois adultes, nous avons reproduit ces moments magiques auprès de notre progéniture, et les virées à la plage ont toujours été accompagnées, au retour, d’un passage obligé à la boutique à bonbons. Instants irremplaçables aux rituels sacro-saints, hélas inexistants à présent car la boutique magique a laissé place à un distributeur bancaire et à une crêperie.
Même l’Ile-Tudy devient une ville, à notre désespoir. Il ne nous reste qu’à attendre quelques années pour que nos petits-enfants nous donnent le prétexte de retrouver un de ces magasins inoubliables…

lundi 30 septembre 2013


  Photo Epa 


Juliette Gréco. En concert samedi à Brest

Envoyer l'article à un ami Elle est un mythe de la chanson fançaise, mais n’en a cure. À 86 ans, la rieuse Juliette Gréco demeure un modèle de fraîcheur et de passion. Elle se produit samedi au Quartz de Brest.

Qu’allez-vous interpréter à Brest ? Avec plus de 60 années de chansons, est-ce un casse-tête de composer le programme d’un concert ?
C’est épouvantable ! C’est d’autant plus difficile qu’à chaque fois qu’on sort un nouveau disque, il faut sacrifier d’anciennes petites chéries (rires) ! Il y a une longue histoire quand même ! En concert, ça va des débuts, « Jolie Môme », jusqu’à aujourd’hui. Il y a de tout ! Brel, Ferré, Gainsbourg, des chansons que les gens aiment comme « Un petit poisson, un petit oiseau », « Déshabillez-moi », des nouvelles aussi.

Et pour les chanter sur scène, vous avez un pianiste de légende à vos côtés, votre mari, Gérard Jouannest !
Oui, c’est un privilège pour moi, et un bonheur pour les spectateurs, parce qu’il est magnifique en tant que pianiste, accompagnateur, compositeur.

En tant que compositeur, son nom est d’abord associé à celui de Jacques Brel...
Absolument : leur première chanson commune a été « Ne me quitte pas ». Ensemble, ils ont fabriqué des monuments !

Qu’est-ce qui vous donne envie de continuer à faire de la scène ?
La passion. Ma vie à moi n’est faite que de cela. Hormis les aléas de la vie, de la santé que je ne contrôle pas (mais les médecins s’en chargent quand j’ai besoin d’eux), je ne fais que ce que j’aime. Je suis tombée amoureuse de ce travail très tôt et cela ne se dément pas. Je ne vis qu’à coups de colère et d’amour ! Je suis insupportable : je suis déchaînée, je bouge tout le temps. Je n’ai jamais su me reposer !

Quel est votre public d’aujourd’hui ?
Contrairement à moi, mon public rajeunit ! Depuis quelques années, il est même très jeune : c’est miraculeux ! Parce que je ne chante pas « Poum poum tralala » (rires), même si ce serait tout à fait respectable. Non, la raison est que j’ai de bons auteurs.

Et que vous êtes indémodable...
Ils sont indémodables. Que ce soient les musiciens, les paroliers, ils ont écrit des choses magnifiques, qui le restent et le resteront tant que la chanson existera. Brel, Brassens, Barbara, Aznavour... Ces gens-là resteront. Moi, mon métier, c’est interprète.

Mieux qu’une interprète : vous avez été et demeurez la muse de grands auteurs !
Oui, je suis une « icône », je suis une « muse » (grands rires) ! Non : j’ai eu la chance qu’ils ont aimé ma manière de chanter, le personnage que je suis. J’ai une histoire riche et longue de rencontres et de bonheurs.

Comme lorsque Serge Gainsbourg vous a écrit « La Javanaise ». Vous la chanterez à Brest ?
Bien sûr, on ne peut pas s’en séparer.

Votre dernier album, « Ça se traverse et c’est beau... », est inspiré par le ponts de Paris. Alors, si vous-même étiez un pont, que relieriez-vous ?
Je ne suis pas un pont ! Enfin, peut-être. Miossec me dit : « Gréco, c’est une passeuse ». Il n’a pas tort : je prends le trésor d’un côté du pont et le transporte de l’autre.

Vous chantez samedi dans sa ville de Brest : que pensez-vous de Christophe Miossec ?
Je l'adore ! Miossec représente quelque chose de très profond en moi, de très vivant. J'aime cet être humain-là. Et j'adore la manière qu'il a de raconter les choses de la vie. Il est magnifique ! Quand je l'ai rencontré, il n'était pas encore très connu.
Il vous a écrit des chansons. Il a aussi collaboré avec Gérard Jouannest, sur son album « L'étreinte ».
Ils ont travaillé de belle façon. Ils s'aiment bien tous les deux.
Quand sortirez-vous un nouvel album ?
Le 21 octobre : ce sera un hommage à Brel. Avec des choses que je n'ai jamais chantées, et d'autres que j'interprète depuis très longtemps. Je suis la seule personne pour qui Brel ait écrit des chansons ! C'est assez curieux. Cela ne voulait pas dire grand-chose il y a 56, 60 ans, mais aujourd'hui, ça a pris une autre dimension.

Que faut-il retenir de Brel ?
Il a traité tout ce qu'il y avait d'important dans la vie : il l'a écrit, il l'a mis en chanson. C'est très compliqué ! Ses chansons sont des tableaux. C'est le cas d' « Amsterdam ». Et « Les vieux », ça me bouleverse ! Sa chanson « Chez ces gens-là », c'est un tableau de l'époque flamande, d'une force extraordinaire. Mais je ne peux pas en garder qu'une, je les aime trop !

Laquelle vous a-t-il écrite en premier ?
La première que j'ai chantée, c'est « ça va (le diable) » : une chanson prémonitoire, toujours d'actualité. Il y traite de tout ce qui se passe en ce moment. Avec une profondeur, une couleur, une force extraordinaires. Mais la première qu'il a écrite pour moi, il l'avait commencée en pensant à Bardot. Elle s'appelle « Vieille »... J'étais très jeune ! Bardot ne l'a pas voulue : elle ne voulait pas chanter : « C'est pour cela, jeunes gens, qu'on fond de moi s'éveille le désir ardent de devenir vieille ». Ni : « je voudrais qu'on m'aime pour autre chose que mes fesses »... Moi, j'étais vachement motivée (rires). C'est dans ma nature.

Dites-vous toujours que détestez l'âge adulte ?
J'aime l'enfance, j'aime la jeunesse. J'aime ceux qui restent à l'affût de tout : à l'affût de l'autre, de ce qui se passe. L'adulte qui juge me révolte ! On n'a pas le droit de juger. Enfin, à part si c'est le métier !

Impossible de ne pas poser la question à une meilleure connaisseuse que vous : qu'est-ce qu'une bonne chanson ?
C'est une bonne pièce de théâtre, qui raconte une histoire, avec un début, un milieu et une conclusion. Ou un beau manifeste. C'est une chose concrète : la plus jolie manière de créer. Et de dire « Je t'aime ». Les chansons sont un lieu de rencontres. Des femmes m'ont dit, j'ai rencontré mon mari sur « Déshabillez-moi ».

Voilà un bon début !
C'est normal (rires).

Avez-vous des affinités avec la Bretagne ?
Malheureusement, j'y vais rarement, et je ne sais pas pourquoi. C'est un pays admirable : il y a une force en Bretagne, une richesse intellectuelle extrêmement puissante. Ma petite-fille a choisi d'y vivre ! A Roscoff, avec un Breton, mais c'est à cause de la Bretagne qu'elle a choisi la Bretagne ! Elle fait son chemin. Elle est traiteur et fait aussi les marchés. C'est une petite personne formidable. Je crois qu'elle mérite d'être en Bretagne ! 

En concert samedi 5 octobre 2013 à 20 h 30 au Grand Théâtre du Quartz à Brest. 35/38 €. 02.98.33.70.70.
  • Propos recueillis par Frédéric Jambon (le Télégramme)

jeudi 26 septembre 2013

à Ty Théâtre : Un week-end consacré aux poètes

 Ty Théâtre panorama

  http://www.ty-theatre.com/

 

à Gouesnac'h (entre Quimper et Bénodet, dans le Finistère)

Samedi, à 20 h 30, et dimanche, à 16 h, Ty Théâtre propose un spectacle intitulé « Les poètes ont toujours raison » avec François Le Roux, pianiste, chanteur, auteur et interprète et Mathilde Chevrel, violoncelliste, violoniste et accordéoniste. Rêves d'amour, poésies d'espoir et de désespoir, le sentiment amoureux est exprimé dans les textes avec la force lyrique, inhérente à la passion qui porte les êtres au firmament du bonheur et les plonge dans des abîmes de souffrance. Mais l'amour est aussi affaire d'idéaux, de révolte contre un monde qui détruit l'être en le réduisant à des données comptables ; ainsi le poète chante son refus de se plier aux carcans matérialistes dans lequel on veut enfermer la liberté de penser, avec une verve cinglante et une ironie mordante. Des influences de Léo Ferré à Claude Nougaro, dans le phrasé mélodique des textes, une interprétation physique qui n'est pas sans rappeler l'intensité émotive de Jacques Brel, le goût du swing version Yves Montand, Gilbert Bécaud ou Michel Jonasz... les mots sont aussi musique qui marie le désir de partage, de rencontre, de fusion entre toutes les sources musicales auxquelles s'abreuve le poète depuis l'enfance, Debussy, Chopin, Ravel, Fats Domino, Louis Jordan, Louis Prima... et le maître parmi tous : Ray Charles. Talentueux pianiste, François Le Roux raconte ses histoires au cours de concerts dans lesquels le public est porté par un véritable flot émotionnel. En duo, il est accompagné par Mathilde Chevrel, multi-instrumentiste qui alterne le violoncelle, le violon et l'accordéon diatonique dans une palette musicale riche et variée. 

Pratique Entrée : 10 €. Réservations au 02.98.54.63.31 ou 06.84.08.36.00.

("le Télégramme", 26/09/13) 

mercredi 5 juin 2013

"Je n'ai rien dit ..."


 « Je n’ai rien dit »… par Martin Niemöller

Le pasteur Martin Niemöller
Le pasteur Martin Niemöller
Quand ils sont venus chercher les communistes,
je n'ai rien dit.
je n'étais pas communiste
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n'ai rien dit.
je n'étais pas  syndicaliste
Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n'ai rien dit.
je n'étais pas juif
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n'ai rien dit.
je n'étais pas catholique
Et, puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait plus personne pour protester
Als die Nazis die Kommunisten holten,
Habe ich geschwiegen ;
Ich war ja kein kommunist.
Als sie die Sozialdemokraten einsperrten,
habe ich geschwiegen ;
ich war ja kein Sozialdemokrat.
Als sir di Juden holten,
Habe ich geschwiegen ;
Ich war ja kein Jude.
Als sie die Katholiken holten,
habe ich nicht protestiert ;
Ich war ja kein Katholik.
Als sie mich holten, gab es keinen mehr,
der protestieren konnte.
Dachau - Pasteur Martin Niemöller, texte revu par Berthold Brecht.

mardi 28 mai 2013

Liberté

Porter la liberté est la seule charge 
qui redresse bien le dos.

Patrick Chamoiseau (1953- )

vendredi 24 mai 2013

Hiroshima (Georges Moustaki)

 Hiroshima (Georges Moustaki)

Par la colombe et l'olivier,
Par la détresse du prisonnier,
Par l'enfant qui n'y est pour rien,
Peut-être viendra-t-elle demain.
Avec les mots de tous les jours,
Avec les gestes de l'amour,
Avec la peur, avec la faim,
Peut-être viendra-t-elle demain.
Par tous ceux qui sont déjà morts,
Par tous ceux qui vivent encore,
Par ceux qui voudraient vivre enfin,
Peut-être viendra-t-elle demain.
Avec les faibles, avec les forts,
Avec tous ceux qui sont d'accord,
Ne seraient-ils que quelques-uns,
Peut-être viendra-t-elle demain.
Par tous les rêves piétinés,
Par l'espérance abandonnée,
À Hiroshima, ou plus loin,
Peut-être viendra-t-elle demain,
La Paix !

jeudi 23 mai 2013

"Harlem shake", pour une bonne cause !

Un "Harlem shake", qu'est-ce que c'est ? ... :

Voici le Harlem shake réalisé par les étudiant(e)s de l'IUT de Quimper, pour apporter leur soutien à l'ONG Amnesty International, en la présentant à leurs collègues de travail :


dimanche 5 mai 2013

Carcasses


Le voici l'été
Hélas plus jamais pour eux
Ont bien trop vécu

Loïc, Douarnenez, mai 2013

mercredi 24 avril 2013

Rencontre enchantée avec Bruno BREL



RENCONTRE ENCHANTÉE AVEC BRUNO BREL (AVRIL 2013)

RENCONTRE ENCHANTÉE AVEC : BRUNO BREL   Si un BREL peut en cacher un autre, c'est avec un grand plaisir d'avoir Rencontré BREL BRUNO de son Prénom. Bien sur, des ressemblances sont inévitables, mais BRUNO BREL a aussi...
Cliquez ici pour lire la suite 

Un énorme MERCI à Jean-Luc HERIDEL, 
pour son blog "La lettre aux Z'Enchantées" :

lundi 22 avril 2013

Nous aimons ...

"Nous n'irons pas au but un par un mais par deux
Nous connaissant par deux nous nous connaîtrons tous
Nous nous aimerons tous et nos enfants riront
De la légende noire où pleure un solitaire."


Eugène Emile Paul Grindel dit Paul Eluard (1895-1952)

Le temps déborde (1947), En vertu de l'amour

mercredi 17 avril 2013

Un conte : Un petit garçon dans la grande ville.



     Il était une fois un petit garçon, dans une grande maison, qui ne rêvait surtout pas de devenir grand. Sa vie n'était que désespoir, malheurs et pleurs, et tout, autour de lui, lui jetait à la figure que plus tard ce ne serait pas prêt de s'arranger…
     Il était petit non seulement par l'âge mais aussi par la taille. Il lui semblait être minuscule, microscopique même, dans un appartement vide, au dernier étage d'un immeuble dont il ignorait le nombre d'étages. Il n'était pas seul, non : Ses parents, qui passaient tout leur temps - souvent endormis - devant un poste de télévision, lui donnaient des vieux illustrés, des crayons de couleur et du papier, sur lesquels il se jetait comme un chien sur un os. Je ne vous ai pas dit que s'il était petit, cela ne l'empêchait nullement de réfléchir, beaucoup, et de lire, beaucoup. Il dévorait les livres qui évoquaient des lieux bizarres, des sortes de paradis, où les papas et maman se parlaient, souriaient, parlaient et jouaient avec leurs enfants. Des paradis où on pouvait voir des humains marcher dans les rues de la ville gigantesque, se croiser en se saluant. Ils s'arrêtaient, même, parfois, quand ils promenaient leur chien, pour parler du temps, et ils repartaient, satisfaits. L'enfant rêvait en lisant des mots comme « école ouverte, bonheur, amitiés, rire, imagination, ... ».

     Un jour, exceptionnellement (car il fallait bien qu'on le sorte pour lui faire essayer un pantalon), il prit avec sa maman l'ascenseur qui descendit, en un temps interminable, jusqu'au trottoir. Le petit garçon avança un pied, puis l'autre, prudemment, comme s'il allait se baigner dans une eau froide. Puis il osa, et se prit à marcher avec de plus en plus talent. Sa maman eut bientôt de la peine à le suivre, car il courait à présent, et elle ne pouvait même plus regarder les vitrines, seules taches de couleur dans ce décor « béton et bitume ».

     L'enfant se fatigua vite, car il n'avait pas l'habitude. Il ralentit, il traînait à présent les pieds, et ses idées reprirent le dessus. Perdu dans ses rêveries, il avait à présent les yeux mi-clos, il se rapprochait de la bordure du trottoir… Il trébucha et en un instant se retrouva allongé sur le ventre, la face tournée vers le caniveau, tout près d'une plaque d'égout. Un peu sonné tout de même, il n'entendit durant quelques instants qu'un bourdonnement puis, de plus en plus distinctement, une petite voix, charmante et pure comme celle d'une petite fille (ou peut-être d'une fée) :

-        - « Je t'attendais, petit, je connais toutes tes pensées. Je les comprends très bien, car j'en suis une, moi-même ! Regarde, à ta droite ! »

Il souleva lentement la tête : entre deux pavés, dans une fissure minuscule, une humble pensée, toute frêle, semblait lui sourire. Elle reprit :

-« Je sais ton désespoir et ta tristesse. Mais je sais aussi que plus loin, mais si loin que tu ne peux y croire, d'autres fleurs vivent, croissent, je sais qu'au-delà de cette ville un autre monde existe, et que tu y as ta place, si tu le veux. C'est le moment, petit garçon, vis ta vie, cours, cherche ton ailleurs ! »

     Il se releva, et courut vers le soleil, fou de joie…

Loïc, 13 avril 2013

lundi 8 avril 2013

Je vous laisse imaginer ...

Je vous laisse imaginer ...

ce qu'il leur raconte :














et ce qu'elles vont rapporter à leurs copines ...
(Sarlat, Dordogne, avril 2011)

jeudi 21 mars 2013

« Un livre… »

Après une parenthèse assez longue (nous avons "bûcheronné" à tout-va durant trois semaines !), voici un épisode - une "simple anecdote" ? je ne le pense pas - de ma vie.
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« Un livre… »
Le livre, cet ami, même s'il n'est que de papier… Il est souvent, lorsqu'on en a adopté un, le soutien, une béquille parfois, qui aide à tenir, à soutenir ses convictions, à corriger ce qu'on se prend à considérer comme des déviances, des mauvaises pentes…
Cet adolescent, à 16 ans, a quitté sa ville, pour débuter ailleurs - oh, ce n'est pourtant pas bien loin, 80 km - un apprentissage professionnel. Il est souvent, et même de plus en plus en permanence, complètement dépassé. Étourdi, perdu, par tout ce qui l'entoure, par tout ce qu’il découvre, de jour en jour, de la vie du travail, de la très prochaine et terrifiante sortie de l'école. Il reçoit aussi, en pleine figure, les contradictions, et même les virulentes attaques contre ce qu'il a toujours entendu à la maison. Famille très traditionaliste, avec laquelle il a souvent - avec plaisir d'ailleurs - discuté, inspiré sans doute par les récents événements de mai 1968. Il était déjà interloqué, désorienté : normal, dit-on, à 16 ans. Mais, face à ces points de vue, dans cette grande école, il perd toutes ses références, ses repères.
Alors s'installe à son insu, la dépression. Grave, profonde, pas le « petit coup de déprime » passager.
Il se trouve ce jour-là en cours de français, face à ce prof qu’il déteste, ce personnage imbu de lui-même et méprisant… Sujet du jour : « Vous avez choisi de partir vivre sur une île déserte, pour le restant de vos jours. Quel livre emportez-vous ? »
Réponse immédiate, spontanée, évident, vitale : « LE Livre, la Bible »
L'éclat de rire tonitruant du professeur l’a blessé à vie. Tant d'années plus tard, en est-il remis ? …

Loïc R., mars 2013

samedi 23 février 2013

Pour réfléchir ce week-end ...

Pour obtenir ce que l'on veut de la vie, il faut absolument commencer par le commencement : savoir ce que l'on veut.

Ben Stein