Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
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Loïc

jeudi 21 mars 2013

« Un livre… »

Après une parenthèse assez longue (nous avons "bûcheronné" à tout-va durant trois semaines !), voici un épisode - une "simple anecdote" ? je ne le pense pas - de ma vie.
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« Un livre… »
Le livre, cet ami, même s'il n'est que de papier… Il est souvent, lorsqu'on en a adopté un, le soutien, une béquille parfois, qui aide à tenir, à soutenir ses convictions, à corriger ce qu'on se prend à considérer comme des déviances, des mauvaises pentes…
Cet adolescent, à 16 ans, a quitté sa ville, pour débuter ailleurs - oh, ce n'est pourtant pas bien loin, 80 km - un apprentissage professionnel. Il est souvent, et même de plus en plus en permanence, complètement dépassé. Étourdi, perdu, par tout ce qui l'entoure, par tout ce qu’il découvre, de jour en jour, de la vie du travail, de la très prochaine et terrifiante sortie de l'école. Il reçoit aussi, en pleine figure, les contradictions, et même les virulentes attaques contre ce qu'il a toujours entendu à la maison. Famille très traditionaliste, avec laquelle il a souvent - avec plaisir d'ailleurs - discuté, inspiré sans doute par les récents événements de mai 1968. Il était déjà interloqué, désorienté : normal, dit-on, à 16 ans. Mais, face à ces points de vue, dans cette grande école, il perd toutes ses références, ses repères.
Alors s'installe à son insu, la dépression. Grave, profonde, pas le « petit coup de déprime » passager.
Il se trouve ce jour-là en cours de français, face à ce prof qu’il déteste, ce personnage imbu de lui-même et méprisant… Sujet du jour : « Vous avez choisi de partir vivre sur une île déserte, pour le restant de vos jours. Quel livre emportez-vous ? »
Réponse immédiate, spontanée, évident, vitale : « LE Livre, la Bible »
L'éclat de rire tonitruant du professeur l’a blessé à vie. Tant d'années plus tard, en est-il remis ? …

Loïc R., mars 2013

3 commentaires:

patriarch a dit…

Je ne comprends pas qu'un prof se permettent cela...C'est déjà à lui de comprendre pourquoi. C'est je crois la question que j'aurais posé ce qui permettait d'ouvrir le dialogue avec un élève qu'il devait sentir mal dans sa peau.....

Bonne journée Amitiés

Jeanne Fadosi a dit…

En posant cette question en dissertation, le prof devait s'attendre dans la Bretagne profondément clivée, à ce genre de suggestion. Tout dépend de l'intention et de la qualité du rire. Il me semble, tout bien considéré, qu'il fallait peut-être en passer par là pour acquérir une certaine "autonomie" de pensée.
Peut-être que le contenu de ce blog serait tout autre et je n'ose imaginer ce contenu
belle journée

Eve Océane a dit…

Très dur de se sentir (violemment) jugé dans sa sincérité. On ne se remet jamais tout à fait de ce genre de blessure… mais l'important est d'arriver à en faire quelque chose.
Belle journée.