Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
Je serai ravi de lire vos commentaires : Merci !
Loïc

vendredi 4 septembre 2015

Pour l'atelier des Croqueurs de mots, "Douce mésange"


L'"animatrice" des lieux, dans l'atelier des Croqueurs de mots, nous proposait : 

1. un nom d’oiseau : mésange
2. un nom de président de la Vème république : Pompidou
3. une position du kama-sutra : Andromaque au galop, la pieuvre
4. une injure : salaud
5. le nom latin d’une plante : Aloysia triphylla, citriodora
6. l’intitulé en italien d’une recette de pâtes : pâtes à la carbonara
7. un Etat parmi les cinquante que comptent les Etats-Unis : Louisiane
8. un titre de roman d’Agatha Christie : l’homme au complet marron
9. un instrument de musique : trompette
10.  prénoms démodés : Eulalie et Clitandre

et avec tout cela vous concoctez un texte de votre choix". 

Voici ce que cela a donné chez moi ... :



Douce mésange
Il avait quitté la Louisiane, attiré par les trompettes de la renommée du paradis dont sa muse, Eulalie, lui avait tant vanté les mérites et les délices.
Et Georges se métamorphosa. L’homme au complet marron (sa seule tenue ?), sempiternel et indéboulonnable chef de groupe, créateur, dynamique, avait vite déchanté après son installation en Aloysia, dans le petit village sans attrait de Tryphilla.
Monsieur Pompidou (surnom dont l’avaient affublé ses subordonnés, à cause de son prénom, bien sûr), s’amollissait, se négligeait, s’empâtait de jour en jour, atteint d’une boulimie effrénée. Les pâtes à la carbonara – presque quotidiennes – étaient son antidépresseur, son addiction, savamment entretenue d’ailleurs par sa servante, Clitandre, qui supplanta Eulalie (non par amour, mais par gourmandise). Telle une pieuvre, Clitandre faisait de Georges ce qu’elle voulait, le menait par le bout du nez (ou de la langue), elle était littéralement maîtresse de lui.
Toute doucereuse, mielleuse, elle accourait, Andromaque au galop, à ses moindres appels, chantonnant ou sifflotant telle une tendre et innocente mésange. Lui, aveuglé par le désir, restait inconscient du jeu de la belle et de ses manœuvres tactiques. Clitandre s’était évidemment fixé pour but de lui soutirer toute sa fortune.
Le dénouement fut tragique. Etouffé par les regrets (« Ah, la Louisiane … »), par les pâtes, et par les assauts impatients et éreintants de Clitandre, il atteignit un stade avancé d’obésité. Il ne parvenait pas, toutefois, à en désigner un autre responsable que lui-même, et il poussa son dernier soupir en un murmure : « salaud … »

Loïc

20 commentaires:

Quichottine a dit…

Eh bien !!!
Ta participation au défi est magnifique !

Ce n'était pas si facile, et, j'ai pour ma part, abandonné.

Merci pour tout, Loïc.
Passe une douce fin de semaine.

Martine85 a dit…

Bravo pour ta participation. J'ai beaucoup aimé. C'était très difficile, cela m'a pris beaucoup de temps pour écrire un texte cohérent en essayant d'y mettre un peu d'humour et de suspens. Mon texte paraitra lundi matin. Bon week-end Loïc

Tmor a dit…

Vive les "contraintes" oulipiennes. Cela donne de beaux résultats.

jill bill a dit…

Bonjour Loïc, ah déjà sur le pont des Croqueurs.... ;-) Il est des vies qu'on envie pas ! Voilà qui est bien joué avec ces imposés et merci pour Miletune... ;-) amicalement, jill

Lenaïg a dit…

Cela m'a l'air bien, Loïc :))) ! Mais je ne veux pas lire tout de suite, je finis ma participation d'abord. Bises !

Lenaïg a dit…

La douce mésange n'en était pas ... Et sa muse ne valait pas mieux. Et ton héros ne leur en veut même pas, il ne s'en prend qu'à lui-même dans son dernier souffle. Lucide mais un peu trop, il était faible, il s'est laissé embobiner mais il n'a pas été aidé. Très beau et triste, Loïc, BRAVO et merci pour le plaisir de lecture. Bises.

Dominique a dit…

Bonjour Loïc,
Pari gagné, défi bien relevé !
Amitiés
Dominique

Jeanne Fadosi a dit…

un texte qui m'a beaucoup amusé même s'il finit apparemment mal. Je dis apparemment car sa lucidité l'honore ! dommage pour son talent oublié de trompettiste
belle semaine

Loïc Tizef a dit…

J'ai oublié la trompette ! moi qui suis fan de jazz ... impardonnable !
Merci, Jeanne

Eglantine Lilas a dit…

Mais je découvre un véritable romancier :-) il va falloir que je fouille et découvre ce blog ! bravo pour lé défi je suis pour ma part conquise ! amitiés

Loïc Tizef a dit…

Un romancier, comme tu y vas ! Mais merci tout de même pour tes encouragements !

toumoi a dit…

Une jolie histoire même si elle finit tristement ! bravo pour ce défi réussi !

colettedc a dit…

Défi super bien relevé Loïc ! Bravo et bonne soirée ! Amitiés♥

JCP a dit…

Parcours du combattant miné de mots imposés et réussi, Loïc !
Un peu de "L'ange bleu" dans ton texte, j'aime.

Jean-Claude

Jeanne Fadosi a dit…

mais non ! tu ne l'a pas oublié ! tu en as même fait sonner plusieurs tout au début !!! et qui plus est tu le mets en Louisiane tout va bien ...

Livia a dit…

Superbe texte!
Une fin très triste pour ce pauvre Georges!
J'ai aussi beaucoup ce blog et je vais m'abonner à la newsletter
Livia

Josette T a dit…

Pauvre Georges encore un qui n'a pas su résister au démon !

ABC a dit…

Triste fin ! La gourmandise en tout ne mène pas loin !!!!!

Anthony Dominique a dit…

Mais qu'est-ce qu'il a ce Georges à se laisser toujours prendre à la gorge :) Voilà ce que c'est de se laisser prendre par les sentiments , j'en connais un rayon hihi!!!
Bravo et merci pour ta participation.
Bisous
Domi.

almanito a dit…

Beau défi qui n'était pas simple, tu t'en sors haut la main avec beaucoup d'humour, bravo Loïc