« Souvenirs éclatés » :
Gourmandises et friandises.
Au bas de la
rue Jean-Jaurès, à Brest, le tramway flambant neuf glisse régulièrement devant
la boulangerie-pâtisserie-salon de thé « chez Touz ».
Longtemps,
ne connaissant pas le breton, j’ai pensé que les trésors de ces vitrines n’étaient
pas réservés à quelques privilégiés, puisque tous y avaient accès, pour d’abord admirer, prendre le temps, puis goûter
… Ce n’était jamais (à mes yeux) les mêmes merveilleux supplices de Tantale. En
décembre, un joli petit train électrique louvoyait entre les chocolats et les
sucettes.
L’achat des
sucettes, lui, était réservé à la pharmacie. Bien sucrées, bien « vitaminées »,
cadeau de notre maman, qui avait à cœur de nous consoler de la visite chez le
docteur, en nous offrant l’exceptionnel et mystérieux médicament-sucette-bonbon.
……….
Grand-père
avait décidé, une bonne fois pour toutes, qu’il ne toucherait jamais à une « rouge »
(une tomate, quelle horreur !), ni … à aucun sirop contre la toux, ou
autre. Aussi – péché véniel - il s’adonnait en cas de rhume, ou même sans, à sa
friandise de rêve : la pastille Valda, dans sa grosse boîte ronde, à l’odeur
si attirante.
Comble du
bonheur, lorsqu’il nous en offrait une, avec, toujours, la recommandation :
« Attention, ça pique, c’est fort ! »
……….
A l’intérieur
des Halles de Quimper nous accueille, surtout par temps froid et humide, le
refuge : l’échoppe de crêpes. Odeur de la pâte, fumet qui nous hypnotise.
Et ce bruit de craquement des bords de la crêpe, et ce beurre … Tant pis s’il
coule partout, tant pis si je dois rattraper tout ce qui tombe, en me brûlant les
doigts, après la langue …
……….
La barbe à
papa de la fête foraine n’était pas seulement une friandise, mais une arme dont
nous barbouillions mutuellement, le dernier à en avoir le visage couvert étant
déclaré vainqueur …
……….
Et le
mistral gagnant ? déjà fait, celui-là (dommage) par un certain Renaud,
avec lequel je ressens des accointances, peut-être parce que nous sommes nés presque
le même jour …
……….
Et le sucre,
dans tout ça ? Billevesées ! Lorsqu’on se lâche, on ne fait pas
semblant, surtout en la présence traîtresse, lors des vadrouilles à l’étranger,
des multiples pièges : apfelstrudel allemand, baekehof alsacien, lemon pie
anglais, loukoum marocain, boules vietnamiennes à la noix de coco.
Toutes ces
friandises sont liées – comme c’est curieux ! – à des souvenirs heureux,
comme les niniches de Quiberon que nous avons fait découvrir à notre belle-fille
savoyarde …
Elle s’en
pourlèche encore les doigts.